(Los Angeles) Le confinement et la distanciation sociale qui en découle ont permis de réduire de moitié le taux de reproduction du nouveau coronavirus en trois semaines selon une étude statistique menée dans la région de Seattle, un des principaux foyers de COVID-19 aux États-Unis.

Agence France-Presse

Basé dans la région, l’Institut pour la modélisation des maladies (IDM) a utilisé des données sanitaires de l’État de Washington et des données anonymisées de Facebook pour évaluer l’impact des mesures de confinement mises en place à Seattle et le comté de King sur l’épidémie de coronavirus.

Depuis le 2 mars et l’annonce du premier cas de COVID-19 dans la région, « nous avons observé un déclin constant dans la mobilité », écrivent les scientifiques de l’IDM.

Ils ont notamment mis en évidence le fait que les habitants restaient chez eux, conformément aux consignes, avec une augmentation moyenne de 27 % du taux d’occupation des zones résidentielles dans la journée et une chute de l’occupation des zones mixtes (logements et bureaux, essentiellement le centre de Seattle) de 43 %.

Cette distanciation sociale s’est-elle traduite par un recul de la COVID-19 ? L’épidémie semble bien avoir ralenti, mais « notre principale conclusion est que même si nous avons fait de gros progrès, cela reste précaire et insuffisant », a résumé lundi Daniel Klein, l’un des responsables de cette étude.

D’après les modèles statistiques de l’IDM, le « taux de reproduction » du coronavirus (le nombre de personnes qu’un seul malade va à son tour contaminer en moyenne) a presque été réduit de moitié entre fin février et le 18 mars, passant de 2,7 à 1,4.

Ces estimations « sont encourageantes », mais le taux de 1,4 signifie que l’épidémie continue à progresser au sein de la population.

Et rien ne permet de dire que l’épidémie régresse actuellement – taux inférieur à 1 – dans la région de Seattle, soulignent les chercheurs.

D’après leurs calculs, seul un scénario où la distanciation sociale réduit les interactions de 75 % permettrait de ramener ce taux en deçà de 1.  

« Nous constatons un effet positif de la distanciation sociale et des autres mesures que nous avons mises en place, bien qu’un nombre significatif de cas et de décès continuent à survenir », a déclaré le Dr Jeff Duchin, directeur de la santé du comté de King.

« La menace d’un rebond qui pourrait submerger notre système de soins est toujours là et demeurera si nous baissons trop tôt la garde », a-t-il insisté.

Les autorités estiment à plus de 2300 cas et 150 morts le bilan du coronavirus dans le comté.