(Washington) Le chef des républicains au Sénat américain a affirmé mardi disposer d’une majorité suffisante pour ouvrir le procès en destitution de Donald Trump, tout en admettant devoir attendre que les démocrates transmettent l’acte d’accusation du président.  

Agence France-Presse

Cette procédure en destitution est « une mascarade », a martelé Donald Trump mardi depuis la Maison-Blanche. « C’est devenu la risée du monde entier », a ajouté le républicain, troisième président de l’Histoire des États-Unis à faire face à un tel procès.

Un bras de fer entre républicains et démocrates paralyse toute avancée depuis la mise en accusation historique, le 18 décembre par la majorité démocrate de la Chambre des représentants, du milliardaire républicain pour « abus de pouvoir » et « entrave à la bonne marche du Congrès ».  

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, refuse depuis de transmettre l’acte d’accusation au Sénat tant que les républicains n’auront pas énoncé de cadre « juste » pour la tenue de ce procès.

« Nous avons assez de votes » pour démarrer le procès, a déclaré mardi le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui affiche son intention d’obtenir rapidement l’acquittement de Donald Trump, largement soutenu par son camp.

Mais « nous devons recevoir les documents » (l’acte d’accusation) pour ouvrir le procès, a-t-il déploré.

Les démocrates affirmaient « que le président représentait un tel danger pour le pays qu’ils avaient besoin de voter sur tout cela en vitesse », a-t-il ironisé devant les journalistes. « Cela fait trois semaines maintenant qu’ils sont assis sur ces documents. J’espère que cela prendra fin cette semaine ».

L’opposition réclame qu’au moins quatre hauts conseillers de Donald Trump soient entendus au Sénat.   

Consciente que ses chances d’obtenir la destitution du milliardaire républicain sont quasi nulles, elle espère toutefois convaincre les Américains qu’il a bien abusé de son pouvoir en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, un rival potentiel à la présidentielle de novembre.  

Les républicains argumentent que les témoins pourront être choisis après l’ouverture du procès.  

Les négociations ont patiné pendant les vacances de Noël, mais la situation pourrait se débloquer, a laissé entendre le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui a expliqué que Nancy Pelosi réclamait d’en savoir plus sur la procédure afin notamment de choisir quel responsable démocrate envoyer au Sénat.  

« Maintenant qu’il devient évident que Mitch McConnell veut tout faire pour éviter un procès juste, elle a une meilleure idée de ce qui se passe », a-t-il souligné.