(Washington) Le recomptage des bulletins de l’élection présidentielle américaine dans l’État de Géorgie a conforté la victoire de Joe Biden, ont annoncé jeudi les autorités locales.

Charlotte PLANTIVE
Agence France-Presse

Le dépouillement initial n’avait donné au démocrate que quelque 14 000 voix d’avance sur son rival Donald Trump, un écart tellement serré qu’un recomptage à la main a eu lieu. L’écart s’est légèrement rétréci, avec désormais un peu plus de 12 200 voix d’avance pour Joe Biden.

La différence entre les deux candidats étant toujours très mince, le président Donald Trump, qui conteste sa défaite, peut toutefois demander un nouveau recomptage, a précisé un communiqué du bureau du secrétaire d’État de Géorgie, en charge de l’organisation des élections.

L’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, a répété lors d’une conférence de presse surréaliste les griefs du président sortant, qui refuse de reconnaître sa défaite.

Au niveau national, Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin du 3 novembre, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain. Mais aux États-Unis, la Maison-Blanche se joue au travers d’un système de grands électeurs attribués dans chaque État, et la victoire du démocrate est courte dans une poignée d’entre eux.  

« Confusion »

Sans attendre, Donald Trump avait attaqué les opérations électorales dans cet État du Sud. Dans une série de tweets matinaux, il avait notamment rebondi sur la découverte de près de 6000 bulletins de vote, dans deux comtés à majorité républicaine.

Une partie avait bien été comptée, mais pas téléchargée dans le système. Les autres semblent avoir été oubliés dans une boîte, selon les autorités locales.

« Cela crée de la confusion et on comprend que des gens s’inquiètent », mais « la bonne nouvelle, c’est que le recomptage a rempli son rôle » en corrigeant ces erreurs, a commenté M. Sterling.

« Espérons que le président Trump accepte le résultat », a-t-il ajouté en regrettant que « les mises en cause » de l’élection « minent les fondations de la démocratie ».

« Affaire classée »

Au-delà de la Géorgie, le président et ses alliés ont déposé toute une série de recours en Pennsylvanie, au Michigan, en Arizona et au Nevada.

Certains ont été rejetés par les tribunaux, d’autres retirés par les intéressés, mais l’avocat du président Rudy Giuliani se démène pour faire vivre les dernières. Cette semaine, pour la première fois depuis des décennies, l’ancien maire de New York a même plaidé devant un juge fédéral, sans apporter d’éléments matériels.

PHOTO JACQUELYN MARTIN, ASSOCIATED PRESS

L’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, a tenu un point de presse, jeudi.

Jeudi, dans un point de presse très décousu, il a brassé plusieurs théories conspirationnistes, accusant le Venezuela ou le philanthrope George Soros d’avoir participé à une fraude organisée selon lui par « des chefs démocrates », avec la complicité de Joe Biden lui-même.  

« C’est pour ça qu’il n’a pas fait campagne, il savait que ça aurait lieu », a encore déclaré Rudy Giuliani en assurant avoir des centaines d’« attestations sur l’honneur » pour prouver ses allégations.

Pendant qu’il parlait, Donald Trump tweetait. « Mes avocats sur @newsmax, @OAMM et peut-être @Fox », trois chaînes conservatrices, a-t-il écrit. « Affaire classée de fraude électorale, en masse ! »

« Un appel du président »

Autre front de cette guérilla : deux militants républicains chargés de participer à la certification des résultats près de Detroit, au Michigan, ont refusé pendant de longues heures mardi d’apposer leur signature, avant de céder face au tollé suscité par ce geste inédit.

Mercredi soir, ils ont souhaité revenir en arrière. Entre-temps, « j’ai reçu un appel du président Trump », a déclaré l’une des deux, Monica Palmer, au Washington Post. « Ce n’était pas de la pression, il s’inquiétait pour ma sécurité », a-t-elle ajouté.

Au-delà de cette croisade, le président n’a aucun évènement à son agenda officiel.  

Joe Biden continue lui de préparer son accession à la Maison-Blanche, prévue le 20 janvier. Il doit rencontrer jeudi des gouverneurs pour discuter de la réponse à la pandémie de COVID-19, qui a fait plus de 250 000 morts aux États-Unis.