(Washington) Une semaine après la présidentielle du 3 novembre, Donald Trump continue farouchement de crier victoire, freinant la période de transition de son rival démocrate Joe Biden, qui essaie malgré tout d’aller de l’avant comme si de rien n’était.

Sébastien DUVAL
Agence France-Presse

Le président sortant ne s’est échappé qu’à deux reprises de la Maison-Blanche depuis le jour de l’élection, pour aller jouer au golf au cours du week-end, dans un délicieux été indien, sur l’un de ses parcours près de Washington.

Après avoir enchaîné les rassemblements dans la dernière ligne droite de la campagne, il se fait aujourd’hui inhabituellement discret : comme depuis plusieurs jours, aucun évènement public ne figure mardi à son agenda.

Le milliardaire républicain s’en remet à son canal de communication favori, Twitter, pour occuper l’espace et relayer ses accusations de fraude électorale, souvent épinglées par le réseau, faute d’éléments concrets pour les étayer.

« Nous allons gagner ! », a-t-il promis mardi matin, en lettres capitales, comme pour mieux se convaincre que les efforts juridiques engagés par son équipe pour contester les résultats dans les États-clés abandonnés à Joe Biden avaient une chance d’aboutir.  

« Nous avançons à grands pas. Les résultats commenceront à tomber la semaine prochaine », a-t-il encore écrit alors que le ministre de la Justice a donné son feu vert à l’ouverture d’enquêtes sur d’éventuelles irrégularités lors du scrutin.

Donald Trump s’était déjà contenté de tweeter lundi pour annoncer sans ménagement le limogeage de son ministre de la Défense Mark Esper ou s’interroger sur le timing de l’annonce par le laboratoire Pfizer, après la présidentielle, d’un vaccin candidat efficace contre la COVID-19.

Relativement isolé au sein de son camp républicain, retranché dans un silence prudent, il a reçu le soutien du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a promis une « transition en douceur vers une seconde administration Trump ».

Dirigeants étrangers

En refusant de reconnaître sa défaite, un geste extrêmement difficile à faire pour cet ancien homme d’affaires qui abhorre les « perdants », le président sortant complique la tâche de celui qui sera amené en janvier à prendre sa place à la Maison-Blanche.  

Mais Joe Biden, déclaré vainqueur samedi de l’élection présidentielle à l’issue d’un long suspense, n’a pas attendu pour se mettre au travail que le processus de transition soit officiellement enclenché par l’administration Trump.  

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Joe Biden

Comme dans une réalité parallèle, sans jamais mentionner ou presque le milliardaire et ses recours judiciaires, le président élu a commencé à préparer sa prise de fonctions.  

Le démocrate, qui fêtera dans dix jours ses 78 ans, a d’abord dressé lundi les contours de son plan de lutte contre la pandémie de COVID-19, sa priorité, le jour où les États-Unis ont franchi la barre des 10 millions de cas recensés de contamination.  

« Kamala Harris (sa future vice-présidente) et moi ne perdons aucun temps. Nous sommes prêts à mettre la COVID-19 sous contrôle », a-t-il tweeté mardi après avoir imploré la veille les Américains de porter un masque.  

Le septuagénaire a reçu mardi les félicitations du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui entretient de bons rapports avec Donald Trump.  

Et il s’est entretenu au téléphone avec plusieurs dirigeants étrangers : le premier ministre britannique Boris Johnson, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et le premier ministre irlandais Micheal Martin.

La Cour suprême des États-Unis a débuté mardi matin l’examen de sa loi de 2010 sur l’assurance santé, surnommée « Obamacare », que les républicains n’ont jamais cessé de contester dans l’arène politique et en justice.