Joe Biden mène vendredi soir avec plus de 28 000 voix en Pennsylvanie. Quelque 99 % des voix seraient dépouillées dans cet État d’une importance majeure qui lui donnerait 20 grands électeurs et donc, la présidence américaine.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Dans son discours en fin de soirée vendredi, Joe Biden n’a pas clamé victoire dans la présidentielle américaine mais la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a jugé vendredi « évident » qu’il allait « gagner la Maison-Blanche », le qualifiant même de « président élu ».

De son côté, au lendemain d’un discours livré de la Maison-Blanche au cours duquel il a notamment répété qu’il craignait un « vol » de l’élection, le président Donald Trump a publié un communiqué dans lequel il promet de continuer à se battre, vendredi.

« Nous croyons que le peuple américain a droit à une transparence complète sur le dépouillement des votes et la certification de l’élection, et ceci ne concerne plus une élection en particulier. Ceci concerne l’intégrité de notre processus électoral dans son entièreté », lit-on dans la déclaration attribuée au président.

« Depuis le début, nous avons dit que tous les bulletins de vote légaux doivent être comptés, et que tous les bulletins de vote illégaux ne doivent pas être comptés, mais à chaque étape, nous avons été confrontés à une résistance des démocrates en ce qui a trait à ce principe de base », ajoute-t-il.

« Nous allons poursuivre dans cette voie par tous les moyens légaux à notre disposition afin de nous assurer que le peuple américain a confiance en notre gouvernement. Je ne cesserai jamais de me battre pour vous et pour notre nation », conclut Donald Trump.

Le président, ses fils, ainsi que ceux du camp républicain lui étant demeurés fidèles (Lindsey Graham, Ted Cruz, Kevin McCarthy, Newt Gingrich) ont pour leur part continué à discréditer le processus électoral, vendredi, dans une avalanche commune de tweets.

Sur Twitter, vendredi soir, Donald Trump déclarait : « Joe Biden ne devrait pas prétendre erronément qu’il prendra la présidence. Je pourrais aussi le dire. Les démarches légales viennent tout juste d’être lancées ! »

En soirée vendredi, Joe Biden avait 50,61 % du vote populaire et Donald Trump, 47,73 %.

Biden mène maintenant en Géorgie par 4020 voix, en Pennsylvanie par 28 877 voix, au Nevada par 22 657 voix et en Arizona par 29 861 voix. Seize grands électeurs sont en jeu en Géorgie, 20 en Pennsylvanie, 6 au Nevada et 11 en Arizona.

Dans les quatre États-clés, plus de 90 % des votes sont dépouillés. La fin est particulièrement proche en Géorgie où 99 % des votes ont été comptés.

Lutte serrée au Sénat

Alors que tous les yeux sont tournés vers la présidence, la course au Sénat est aussi très enlevée. Vendredi après-midi, le Parti démocrate et le Parti républicain y avaient tous deux obtenu 48 sièges, la majorité étant à 51. Si chacun des partis décroche 50 sièges, le vote prépondérant appartiendra au vice-président du parti qui contrôle la Maison-Blanche. La majorité à la Chambre des représentants est déjà acquise aux démocrates.

Vendredi après-midi, le Parti démocrate et le Parti républicain y avaient tous deux obtenu 48 sièges, la majorité étant à 51. Si chacun des partis décroche 50 sièges, le vote prépondérant appartiendra au vice-président du parti qui contrôle la Maison-Blanche.

La composition définitive sera décidée en Géorgie, les deux sièges qui étaient en jeu dans l’État n’ayant pour le moment pas fait de vainqueur. Pourquoi ? Parce que dans cet État, il faut obtenir 50 % plus 1 voix pour l’emporter. Si aucun candidat ne décroche une majorité simple, un deuxième tour a lieu à l’hiver.

Dans l’un des deux cas, il est acquis qu’il faudra patienter jusqu’au 5 janvier pour savoir qui, du démocrate Raphael Warnock ou de la républicaine Kelly Loeffler, prendra le chemin de Washington. Dans l’autre lutte, avec 49,8 % des voix, le sénateur républicain sortant David Perdue devançait son rival démocrate Jon Ossoff (47,8 %), mais il n’atteint pas le seuil requis.

Les grandes villes pour Biden

Ce sont les grandes villes de Pittsburgh et de Philadelphie, où les démocrates ont largement voté pour lui et par la poste, qui ont permis au candidat démocrate de combler l’écart qui le séparait de Donald Trump et de prendre la tête vers 9 h vendredi matin. En Géorgie, c’est aussi la grande ville, Atlanta, qui a donné des ailes au candidat démocrate.

Fait à noter, le secrétaire d’État de la Géorgie, Brad Raffensperger, a annoncé vendredi midi qu’il y aura un recomptage étant donné que l’écart entre les deux candidats présidentiels est de moins de 0,5 %. En Pennsylvanie, les autorités ont souligné qu’il pourrait leur falloir encore des jours pour dépouiller les derniers 40 000 votes à Philadelphie.

Après avoir été devancé en Géorgie, Donald Trump y est allé d’un nouveau message sur Twitter vendredi, mettant de nouveau en doute l’intégrité du processus électoral.

Le sénateur républicain Mitt Romney a critiqué vendredi M. Trump qui répète, sans preuve, que l’élection présidentielle a été marquée par des fraudes, en estimant que les propos du président sapaient les institutions et attisaient les tensions.

« Le président est dans son droit quand il demande un recomptage » des votes et « quand il appelle à une enquête sur des irrégularités présumées là où il y a des preuves », mais « il a tort de dire que l’élection a été truquée, corrompue et volée », a dit M. Romney, dont les relations avec le président sont houleuses, dans un message sur Twitter.

« Dire cela nuit à la cause de la liberté ici et à travers le monde, affaiblit les institutions qui sont au cœur de la République et enflamme de manière imprudente des passions destructrices et dangereuses », a ajouté celui qui fut par le passé candidat à la présidence des États-Unis.

Le maire de Philadelphie, Jim Kenney, a déclaré vendredi que Donald Trump « doit mettre ses pantalons de grand garçon, admettre qu’il a perdu et féliciter le gagnant ».

Fox et l’agence Associated Press se retrouvent dans la ligne de tir de Donald Trump après qu’ils aient annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi que l’Arizona avait basculé dans le camp démocrate, sur la foi de projections et de l’avance de 9 points de pourcentage de Joe Biden dans cet État.

Signe que Joe Biden semble de plus en plus proche de la victoire à la présidentielle, les services secrets, chargés de la protection des hautes personnalités, va renforcer dès vendredi ses effectifs d’agents autour du démocrate dans son fief du Delaware, a rapporté le Washington Post.

Avance pour Biden en Géorgie

Le dépouillement en Géorgie, qu’aucun démocrate n’a remportée depuis 1992, a basculé en faveur de Joe Biden tôt vendredi matin.

Le compteur pour arriver au nombre magique de 270 grands électeurs – la majorité du collège électoral – ouvrant les portes de la Maison-Blanche restait encore bloqué : 253 ou 264 voix pour Joe Biden, selon que les médias lui aient ou non attribué l’Arizona, et 214 pour Donald Trump.  

Les États-Unis attendent donc toujours avec certitude, depuis mardi soir, de connaître le nom de celui qui prêtera serment le 20 janvier.

À l’inverse de la Pennsylvanie et de la Géorgie, Donald Trump bénéficie directement, en Arizona, de la prolongation du dépouillement.

Il était en train de rattraper Joe Biden, risquant de faire perdre au démocrate les 11 grands électeurs que l’agence Associated Press et Fox News lui avaient attribués dès la nuit électorale, sur la base de résultats partiels et de modèles statistiques, une méthode habituellement sûre.

Si tous les yeux sont rivés sur la présidence en ce dernier grand droit, une bonne nouvelle est aussi tombée pour les démocrates au Sénat. L’ex-astronaute Mark Kelly a remporté sa course contre Martha McSally en Arizona, ce qui fait de lui le 48e démocrate contre 47 sénateurs républicains pour l’instant. Mark Kelly est l’époux de la démocrate Gabby Giffords, qui milite en faveur du contrôle des armes depuis qu’elle a été atteinte à la tête en 2011.

– Avec Agence France-Presse