(New York) Le maire de Philadelphie a décidé jeudi de ne pas renouveler le couvre-feu instauré la veille, appelant simplement les habitants à « rester chez eux » à la suite des violences qui ont éclaté dans la ville après la mort d’un homme noir abattu lundi par la police.

Agence France-Presse

« Il n’y aura pas de couvre-feu ce soir, mais nous encourageons les habitants à rester chez eux », a tweeté Jim Kenney, maire démocrate de la première métropole de Pennsylvanie.  

Un couvre-feu avait été instauré de 21 h à 6 h dans la nuit de mercredi à jeudi, après deux jours de manifestations et de pillages qui avaient fait des dizaines de blessés légers parmi les policiers.

La nuit a été plus calme, selon des journalistes de l’AFP sur place. Mais des magasins ont malgré tout été endommagés ou pillés. La police a indiqué avoir recensé 29 cambriolages, quatre agents légèrement blessés et 11 distributeurs bancaires endommagés.  

Au total, depuis le début de ces troubles lundi soir, 210 personnes ont été interpellées et 57 agents blessés, dont un sérieusement, selon un porte-parole de la police.  

Les troubles ont commencé après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant la mort d’un homme de 27 ans, Walter Wallace Junior, abattu en pleine rue par deux policiers à West Philadephia.

La police, qui répondait à un appel pour dispute familiale, dit avoir intimé à l’homme de jeter le couteau dont il était armé. Elle affirme que Walter Wallace a refusé de se plier aux injonctions des agents.

Mais selon l’avocat de la famille, Shaka Johnson, l’homme souffrait de troubles bipolaires, et l’appel était destiné aux urgences médicales, non à la police. L’avocat a également affirmé que les policiers avaient tiré 14 balles, alors qu’une seule aurait suffi pour écarter tout danger.

Les deux policiers, dont les noms n’ont pas été communiqués, ont été suspendus. Une enquête a été ouverte, par la police et le procureur local, sur laquelle la chef de la police de Philadelphie, Danielle Outlaw, a promis « totale transparence ».

Le maire a indiqué jeudi « espérer rendre publiques bientôt » les images filmées par les caméras embarquées des policiers, qui devraient permettre de mieux cerner les circonstances de la fusillade.  

Selon M. Johnson, cité par des médias locaux, les images, montrées à la famille ce jeudi, montrent un homme présentant « clairement des troubles mentaux ». On entendrait quelqu’un crier, « il a des problèmes mentaux », avant qu’un des policiers n’ordonne de « tirer sur lui ».  

À quelques jours de la présidentielle, les troubles de Philadelphie ont ajouté aux tensions qui règnent dans cet État-clé. Le président Donald Trump a cité mercredi les violences comme un exemple de l’incapacité des grandes villes démocrates à maintenir l’ordre.