(Washington) Le président de l’organisation électorale de Donald Trump, Paul Manafort, avait avancé l’idée que l’Ukraine, et non la Russie, était derrière le piratage des serveurs informatiques du Comité national démocrate, a déclaré un haut responsable au FBI.

Eric Tucker, Mike Balsamo et Jonathan Lemire
Associated Press

Le président Donald Trump a défendu cette théorie non fondée après son entrée en fonction.

Les notes d’un entretien du FBI ont été rendues publiques samedi après une poursuite intentée par BuzzFeed News qui a permis la publication de centaines de pages de documents de l’enquête du procureur extraordinaire Robert Mueller.

Les renseignements relatifs à l’Ukraine ont suscité un regain d’intérêt après les appels à la destitution contre Donald Trump. On reproche à ce dernier et à son administration d’avoir fait pression sur ce pays pour qu’il enquête sur le candidat démocrate Joe Biden. En s’entretenant avec le nouveau président ukrainien en juillet, M. Trump a posé des questions sur les serveurs piratés en même temps qu’il demandait une enquête sur M. Biden.

M. Manafort a spéculé sur la responsabilité de l’Ukraine au moment où l’organisation électorale de M. Trump cherchait à exploiter les révélations contenues dans les courriels du comité national démocrate. Les organisateurs se demandaient comment ils pouvaient se procurer eux-mêmes ces documents, a raconté le président adjoint de l’organisation, Rick Gates, aux enquêteurs.

Selon M. Gates, la déclaration de M. Manafort voulant que l’Ukraine ait été la source du piratage faisait écho à ce que disait un de ses associés, Konstantin Kilimnik, qui pensait que l’opération avait pu être effectuée par des agents russes présents en Ukraine. Les autorités américaines croient que ce Kilimnik, également accusé dans le cadre de l’enquête de Mueller, avait des liens avec les services de renseignement russes.

Rick Gates a également déclaré que l’organisation électorale de Donald Trump croyait que Michael Flynn, qui deviendra plus tard le premier conseiller à la sécurité nationale du président, serait le mieux placé pour obtenir les courriels manquants d’Hillary Clinton en raison de ses relations avec la Russie. M. Flynn lui-même était catégorique sur le fait que la Russie n’aurait pas pu être responsable du piratage.