(Washington) Le directeur du renseignement national du président américain Donald Trump refuse de transmettre au Congrès la plainte d’un lanceur d’alerte qui concernerait une promesse non spécifiée faite par M. Trump à un dirigeant étranger. L’inspecteur général de la communauté du renseignement estime qu’il s’agit d’un problème urgent.

Associated Press

Le président Trump, bien qu’il n’ait donné aucun détail sur les faits allégués qui seraient à l’origine de cette plainte, a affirmé jeudi sur Twitter qu’il ne dirait jamais « quelque chose d’inapproprié » dans un appel téléphonique avec un leader étranger.

Le président du comité du renseignement, le démocrate Adam Schiff, a déclaré qu’il ne pouvait pas confirmer l’exactitude des informations rapportées par le Washington Post, car l’administration prétend avoir le droit de refuser de transmettre la plainte au Congrès. Mais dans des lettres de l’inspecteur général du renseignement adressées au comité, celui-ci affirme qu’il s’agit d’un cas « urgent » d’abus « grave ou flagrant » qui doit être communiqué aux législateurs. Les lettres ont été rendues publiques jeudi.

« Il y a un effort pour empêcher cette information d’arriver au Congrès », a déclaré M. Schiff, estimant qu’il s’agissait d’une dérogation sans précédent à la loi.

M. Schiff a aussi affirmé que le directeur par intérim du renseignement national, Joseph Maguire, avait consulté le département de la Justice avant de décider de ne pas transmettre la plainte au Congrès. On ne sait toutefois pas si la Maison-Blanche est directement impliquée dans cette décision.

M. Schiff s’est adressé aux journalistes jeudi, après une audience à huis clos de l’inspecteur général du renseignement, Michael Atkinson, qui a refusé de divulguer au comité le contenu de la plainte.

Le président du comité a déclaré qu’il irait devant les tribunaux, si nécessaire, pour forcer l’administration Trump à transmettre les informations contenues dans la plainte.

Selon le Washington Post, la plainte d’un responsable du renseignement allègue que Donald Trump a fait une promesse à un dirigeant étranger non identifié lors d’un appel téléphonique.

L’Associated Press n’a pas été en mesure de confirmer cette information.

M. Trump a tout nié en bloc, jeudi.

« Une autre histoire de “fake news” — ça ne finit jamais ! », a-t-il écrit sur Twitter. « Presque chaque fois que je parle au téléphone avec un dirigeant étranger, je comprends qu’il peut y avoir beaucoup de personnes de différentes agences américaines qui écoutent, sans parler de celles de l’autre pays. Pas de problème ! »

« Quelqu’un est-il assez stupide pour croire que je dirais quelque chose d’inapproprié avec un dirigeant étranger lors d’un appel qui pourrait être aussi “densément peuplé” ? »