(Miami) Donald Trump a annoncé jeudi annuler son voyage en Pologne en raison de l’ouragan Dorian qui se dirige vers les Bahamas et pourrait frapper lundi les côtes de Floride, où l’état d’urgence a été décrété.

LeilA MACOR avec Léo MOUREN à Washington
Agence France-Presse

Dorian, qui se renforçait dans les Caraïbes après être passé au nord de Porto Rico, est devenu dans la nuit de jeudi à vendredi un ouragan de catégorie deux sur une échelle de cinq, avec des vents de jusqu’à 165 km/h, selon le Centre national des ouragans (NHC).

Le NHC a évoqué une « probabilité accrue » de menaces pour les vies humaines ce week-end ou en début de semaine prochaine, lors du passage de l’ouragan sur les côtes de Floride.

La Géorgie a, à son tour, déclaré jeudi l’état d’urgence pour une partie de cet État frontalier de la Floride. Le gouverneur, Brian Kemp, a averti que cette tempête avait le « potentiel de produire des effets catastrophiques pour les habitants » de la région côtière du sud-est des États-Unis.  

Le président américain, qui possède plusieurs propriétés en Floride, dont sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, était attendu dimanche à Varsovie pour commémorer le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale.

« Afin de permettre que l’ensemble des moyens de l’État fédéral soient focalisés sur la tempête qui arrive, j’ai décidé d’envoyer notre vice-président, Mike Pence, en Pologne à ma place ce week-end », a déclaré Donald Trump.

Le dirigeant républicain a appelé personnellement son homologue polonais Andrzej Duda pour « s’excuser » de devoir annuler sa visite à Varsovie et promettre qu’il s’y rendrait « dans les prochains mois », a déclaré le chef de cabinet du président polonais, Krzysztof Szczerskiun, cité par l’agence PAP.  

Concert des Rolling Stones avancé

Selon le bulletin du NHC de 3 h GMT vendredi, l’œil de Dorian se trouvait à 470 kilomètres à l’est des Bahamas et se déplaçait vers le nord-ouest à une vitesse de 19 km/h.

Le NHC a rappellé qu’il doit se renforcer et qu’il pourrait devenir un ouragan « majeur » (de catégorie 3 ou plus, avec des vents d’au moins 178 km/h) plus tard vendredi. Les autorités s’attendent à ce qu’il reste un ouragan « extrêmement dangereux pendant le week-end ».

Selon les prévisions du NHC, Dorian devrait déverser, sur des portions de la côte sud-est des États-Unis, des pluies dont l’accumulation atteindra de 12 à 25 centimètres.  

« Tous les habitants de Floride devraient avoir préparé un plan. N’attendez pas qu’il soit trop tard ! », a mis en garde le gouverneur de cet État, Ron DeSantis. « Vous devriez avoir suffisamment de réserves de nourriture, d’eau et de médicaments pour tenir sept jours », a-t-il appuyé pendant une conférence de presse.

En conséquence, les habitants de Miami notamment commençaient à affluer dans les supermarchés et les étals commençaient à se vider.

Son caddie rempli de bouteilles d’eau dans un supermarché de Miami Beach, Magdalena Gomez, 57 ans, obéissait aux instructions des autorités en se préparant à vivre son premier ouragan.  

« S’ils me disent d’acheter de l’eau, j’achète de l’eau. Je fais tout ce qu’ils me disent », explique, dans un rire, cette Argentine.

« Il y avait une queue horrible à Costco », une des plus grosses chaînes d’hypermarchés du pays, racontait Cristina Grand, une résidente de Miami de 55 ans.

Les Rolling Stones, qui devaient faire danser le public de Miami samedi soir, ont avancé leur concert à vendredi, à cause des mauvaises conditions météo annoncées. Mick Jagger et sa bande avaient déjà dû, le mois dernier, déplacer une date de concert à la Nouvelle-Orléans en raison du passage de la tempête Barry.     

Menace « déjà passée »

Lundi étant férié pour cause de fête du Travail, le week-end prolongé qui arrive et qui marque la fin de l’été est traditionnellement l’occasion pour les Américains de voyager.

Ocean Drive, artère de Miami beach prisée des touristes, était anormalement calme jeudi et certaines tables de restaurants ne trouvaient pas preneurs.

« Soyez prêts et s’il vous plaît, suivez les instructions de l’État (de Floride, NDLR) et du gouvernement fédéral, ça sera un très gros ouragan, peut-être un des plus gros », avait tweeté Donald Trump jeudi matin.

Porto Rico soufflait pour sa part, la gouverneure de ce territoire américain affirmant que la menace était « déjà passée ».

Mais la querelle politique, elle, n’est pas terminée.  

« Maintenant que Dorian se dirige vers la côte Est, espérons que Donald Trump mette de côté ses préjugés et son racisme et s’assure de l’efficacité de la réponse fédérale », a tweeté la maire de la capitale, San Juan, qui a très sévèrement critiqué la réponse apportée en 2017 à l’ouragan Maria par l’administration Trump.