La mort de Jeffrey Epstein dans un établissement de détention fédéral, à New York, avive le scepticisme des théoriciens du complot et même de certains politiciens qui se demandent comment le financier déchu aurait pu s’enlever la vie dans sa cellule hautement sécurisée.

David Klepper et Amanda Seitz
Associated Press

Jeffrey Epstein avait été placé sous surveillance préventive, il y a un peu plus de deux semaines, à la suite d’un incident qui l’avait laissé avec des ecchymoses au cou. Mais selon une source au fait de son dossier, il ne faisait déjà plus l’objet d’une surveillance étroite pour risque de suicide depuis la fin du mois de juillet.

AFP

Jeffrey Epstein était détenu au Metropolitan Correctional Center de Manhattan.

Le sénateur républicain de Floride Rick Scott n’a pas tardé à soulever la possibilité que sa mort soit liée à des gestes criminels.

Rudy Giuliani, qui agit à titre d’avocat pour Donald Trump, a lui aussi fait part de ses interrogations samedi. «Qui surveillait? Que montre la caméra? … Suivez les motifs», a écrit l’ex-maire de New York sur Twitter.

De telles spéculations circulent abondamment en ligne, où plusieurs internautes avancent que Jeffrey Epstein ne se serait pas véritablement suicidé ou même qu’il serait toujours en vie.

Ses amitiés passées avec des personnalités publiques telles que Donald Trump, l’ex-président Bill Clinton et le prince britannique Andrew se sont avérées un terreau fertile pour les conspirationnistes.

«Des hommes haut placés souhaitent la mort d’Epstein», avait écrit un utilisateur de Twitter le mois dernier. Le mot-clic #EpsteinMurder est devenu viral à peine quelques heures après l’annonce de son suicide, samedi.

AP

Jeffrey Epstein

Donald Trump lui-même s’est joint à la partie, en partageant sur son propre compte des insinuations infondées selon lesquelles Bill et Hillary Clinton auraient cherché à faire taire Jeffrey Epstein.

L’homme de 66 ans s’était vu refuser la libération sous caution en attente de son procès pour avoir exploité sexuellement des dizaines de mineures. Il faisait face à une peine d’emprisonnement maximale de 45 ans.

Le FBI et le bureau de l’inspecteur général du département de la Justice vont mener une enquête sur les circonstances de sa mort.

Les événements ont d’ailleurs fort probablement été enregistrés par des caméras de surveillance, selon Preet Bharara, un ancien procureur fédéral à Manhattan.