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Le don d'un milliardaire nourrit le débat sur le fardeau des prêts étudiants

Le milliardaire Robert Smith... (PHOTO STEVE SCHAEFER, AP)

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Le milliardaire Robert Smith

PHOTO STEVE SCHAEFER, AP

CATHERINE TRIOMPHE
Agence France-Presse
New York

Quand le milliardaire Robert Smith a annoncé aux jeunes diplômés de l'université américaine de Morehouse qu'il allait rembourser leurs prêts étudiants, il a fait 400 heureux, mais il a aussi remué le couteau dans la plaie d'un problème au coeur du débat démocrate pour la présidentielle 2020.

Le don-surprise annoncé samedi par l'homme d'affaires texan - l'homme noir le plus riche des États-Unis - reste à évaluer, mais la dette totale accumulée par les 396 étudiants de la promotion 2019 de Morehouse - université historiquement noire d'Atlanta - pourrait atteindre 40 millions de dollars.

S'il a été applaudi pour sa générosité, Robert Smith a aussi fait des jaloux sur les réseaux sociaux : « Est-ce qu'un milliardaire voudrait bien s'engager à rembourser mon prêt étudiant ? Je suis contente pour les nouveaux diplômés, mais aussi envieuse », a ainsi tweeté une internaute.

« Les gens ne devraient pas être dans une situation où ils dépendent de l'énorme acte de charité d'un inconnu », a souligné sur Twitter la jeune star démocrate du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, élue l'an dernier en partie sur la promesse d'universités gratuites pour tous.

De fait, le cadeau de Robert Smith a remis en lumière l'ampleur de la dette étudiante américaine, qui avoisine les 1500 milliards de dollars.

Milliardaires mobilisés

Plus des deux tiers des étudiants diplômés en 2016 étaient endettés, et leur dette atteignait en moyenne 29 650 dollars, selon des chiffres publiés en avril par une organisation spécialisée, l'Institute for College Access and Success.

Les remboursements, souvent sur plus de 10 ans, pèsent lourd dans les choix d'emploi et de vie des jeunes actifs : ils retardent l'achat d'une voiture, d'un logement ou la conception d'enfants, avec des conséquences lourdes pour l'économie américaine.

Dans ce contexte, Robert Smith n'est pas le premier milliardaire à se mobiliser.  

En novembre, l'ex-maire de New York Michael Bloomberg avait donné 1,8 milliard de dollars à l'université Johns Hopkins de Baltimore, dont il est sorti en 1964 : l'argent paiera les frais de scolarité des étudiants d'origine modeste, facilitant leur accès à cette prestigieuse université privée, où un an de scolarité coûte au total quelque 72 000 dollars.

Un autre milliardaire new-yorkais, Kenneth Langone, a donné 100 millions de dollars à l'école de médecine de New York University en 2018, pour y supprimer les frais de scolarité.  

Lors de la présidentielle 2016, la question des prêts étudiants - qui ont explosé entre 1996 et 2012 - avait déjà été au coeur de la campagne de Bernie Sanders, contribuant à sa popularité auprès des jeunes.

Taxer les riches

En 2017, le sénateur indépendant du Vermont a déposé un projet de loi, « College for All Act », prévoyant la suppression des frais de scolarité dans les universités publiques pour les familles modestes.  

Le coût de la mesure - qui n'a aucune chance d'être adoptée avec un Sénat à majorité républicaine - a été estimé à 600 milliards de dollars, à financer par une taxe sur les transactions financières.

Alors que la campagne pour l'investiture démocrate 2020 monte en puissance avec 23 candidats, la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren s'affiche en pointe sur ce sujet, autant que Bernie Sanders.

Elle a dévoilé en avril une proposition très détaillée, prévoyant la suppression des frais d'inscription dans les universités publiques et l'effacement d'une partie de la dette, proportionnelle aux revenus.  

Le plan, d'un coût estimé à 1250 milliards de dollars sur 10 ans, serait financé par un impôt sur les « super-riches ».

Si d'autres candidats démocrates sont plus flous, la quasi-totalité d'entre eux plaident pour une éducation supérieure plus abordable.

En attendant de voir si l'un d'eux entre à la Maison-Blanche, certains États prennent des mesures pour réduire le coût de leurs universités.  

New York offre depuis l'an dernier une bourse équivalente aux frais de scolarité de ses universités publiques aux étudiants d'origine modeste, à condition qu'ils restent quelques années dans l'État après l'obtention du diplôme.

Début mai, les parlementaires de l'État de Washington ont adopté un texte prévoyant de taxer les entreprises recrutant des employés qualifiés afin d'offrir, à partir de 2020, une scolarité gratuite dans les universités publiques aux foyers en deçà du revenu médian.  

Le texte, signé mardi par le gouverneur, a été largement soutenu. Y compris par Amazon et Microsoft, deux géants technologiques installés dans cet État et qui seront mis à contribution.




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