Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a justifié jeudi sa décision de refuser le retour aux États-Unis d'une femme originaire de l'Alabama ayant rejoint le groupe État islamique (EI) en Syrie par le statut diplomatique de son père.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Hoda Muthana, 24 ans, a exprimé des remords et souhaite rentrer aux États-Unis afin d'y être jugée. Mais sous les ordres du président Donald Trump, qui a décidé de lui refuser un retour, M. Pompeo avait déclaré mercredi que la jeune femme n'était pas américaine, bien qu'elle ait voyagé avec un passeport américain.

Le secrétaire d'État américain ne s'était pas expliqué sur la raison pour laquelle la nationalité de Mme Muthana était discutée, mais interrogé jeudi sur la chaîne NBC, il a donné un peu plus de détails.

Lorsqu'on lui a demandé si le statut de son père, un ancien diplomate yéménite réfugié aux États-Unis et installé en Alabama, était la raison pour laquelle la jeune femme ne pouvait prétendre à la nationalité américaine, il a répondu : « C'est exact ».

« Elle est peut-être née ici. Elle n'a pas la nationalité américaine, et n'a aucun droit à la nationalité américaine », a-t-il précisé.

Le père de la jeune femme, Ahmed Ali Muthana, a saisi jeudi un tribunal, espérant obtenir une injonction d'un juge affirmant la citoyenneté américaine de sa fille, née sur le sol américain.  

Les États-Unis accordent la nationalité américaine à quasiment tous les enfants nés sur leur territoire, en vertu du 14e amendement de la Constitution, ratifié en 1868 après la guerre civile et l'abrogation de l'esclavage.

Seule exception à ce « droit du sol » : les enfants des diplomates étrangers, car le 14e amendement précise que la citoyenneté est accordée à tout enfant « soumis à la juridiction » des États-Unis.

L'avocat de la jeune femme, Hassan Shibly, s'est élevé contre cet argument. « Hoda Muthana est née dans le New Jersey en 1994, plusieurs mois après que son père eut cessé d'être diplomate. Elle est citoyenne américaine », a-t-il indiqué mercredi à l'AFP.

Le cas de Hoda Muthana intervient au moment où Donald Trump exhorte les pays européens à reprendre leurs centaines de ressortissants détenus par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) après avoir rejoint les rangs de l'EI, afin de les traduire en justice.

Détenue dans un camp de réfugiés du nord-est syrien après s'être rendue aux forces kurdes, Mme Muthana souhaite rentrer aux États-Unis et a accordé des entretiens à plusieurs journaux occidentaux dans lesquels elle affirme regretter profondément ses actes.

Photo AP

Hoda Muthana