Trois anciens soldats, deux Américains et un Allemand membres d'une «bande organisée de mercenaires internationaux», ont été inculpés aux États-Unis pour avoir voulu tuer un agent antidrogue et son informateur au Liberia, a annoncé vendredi la justice américaine.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Joseph Hunter et Timothy Vamvakias, tous deux américains, et Dennis Gogel, de nationalité allemande, sont inculpés notamment pour tentative de meurtre sur un membre de l'Agence américaine responsable du contrôle des stupéfiants (Drug Enforcement Administration - DEA) et son informateur, et pour importation de cocaïne aux États-Unis.

«Les accusations qui font froid dans le dos que l'on peut lire dans l'acte d'inculpation d'aujourd'hui donnent l'impression de sortir d'un roman (policier) de Tom Clancy», a déclaré le procureur de New York Preet Bharara, dans un communiqué.

Il s'agit d'une «bande organisée de mercenaires internationaux qui ont utilisé leur entraînement militaire d'élite pour servir de tueurs à gages à des fins viles», a-t-il ajouté, évoquant trois hommes,déterminés à «commettre des meurtres de sang-froid».

Dans le cadre de la même opération, Slawomir Soborski et Michael Filter, eux aussi d'anciens militaires respectivement polonais et allemand, ont été inculpés de complot d'importation de cocaïne aux États-Unis.

Hunter a été arrêté en Thaïlande, Vamvakias et Gogel au Liberia, avant d'être transférés vers les États-Unis, Soborski et Filtrer ont été interpellés en Estonie, où ils se trouvent toujours en attendant leur extradition, selon un communiqué de la DEA.

Selon l'acte d'inculpation, les cinq hommes avaient tous servi dans l'armée de leur pays, pour la plupart comme tireurs d'élite. Hunter gagnait sa vie comme tueur à gages depuis son départ de l'armée de terre américaine en 2004 et a, à ce titre, organisé le meurtre de nombreuses personnes, selon l'accusation.

Ils avaient, de janvier à septembre 2013, communiqué avec deux agents de la DEA sous couverture se faisant passer pour des trafiquants de drogue colombiens, et s'étaient fait engager pour constituer une «équipe de sécurité et de surveillance» pour une organisation fictive de trafic de stupéfiants.

Hunter, Vamvakias et Gogel avaient en outre accepté d'abattre un agent spécial de la DEA au Liberia et son informateur en échange de 800 000 $. Les meurtres devaient être commis par Vamvakias et Gogel fin septembre au Liberia, selon le même document judiciaire.

«Les cibles de cette enquête étaient des criminels internationaux endurcis qui baignaient dans toutes sortes de trafic, de la drogue aux armes jusqu'à des contrats pour commettre des assassinats», a commenté l'administratrice de la DEA Michele Leonhart, dans un communiqué.