La tragédie de Newtown a ramené au premier plan les appels pour un meilleur contrôle des armes à feu aux États-Unis.

Judith Lachapelle LA PRESSE

«Nous avons subi trop de tragédies», a déclaré le président Barack Obama, tout en appelant à des «actions significatives» pour éviter de tels massacres. L'été dernier, après la tuerie dans un cinéma du Colorado, il avait réaffirmé que sa position était de s'assurer que ceux qui ne sont pas autorisés à porter des armes ne puissent pas s'en procurer, tout en garantissant aux autres Américains le droit inscrit dans la Constitution à posséder des armes - une déclaration qui avait été interprétée comme un désir de ne pas s'aliéner le lobby pro-armes à la veille de l'élection présidentielle.

Mais hier, plusieurs élus l'ont pressé d'agir, surtout après que son porte-parole Jay Carney eut déclaré qu'«aujourd'hui, ce n'est pas le moment» de parler du contrôle des armes à feu. «Si ce n'est pas le moment d'avoir une discussion sérieuse sur le contrôle des armes, je ne sais pas quand cela arrivera», a déclaré sur Twitter le représentant démocrate au Congrès Jerrold Nadler. «Je mets le président Obama, le Congrès et le public américain au défi d'agir au-delà du choc, et d'enfin faire quelque chose.»

Le maire de New York, Michael Bloomberg, militant de longue date du renforcement des règlements sur les armes, a aussi appelé le président à «envoyer un projet de loi au Congrès». «Nous avons déjà entendu la rhétorique. Ce que nous n'avons pas vu, c'est du leadership, ni de la part de la Maison-Blanche ni du Congrès. Cela doit s'arrêter aujourd'hui», a-t-il écrit sur Twitter.

Le réalisateur américain Michael Moore, très engagé contre le port d'armes aux États-Unis, s'est aussi prononcé. «La seule manière d'honorer ces enfants morts est d'exiger une réglementation stricte des armes, un accès libre aux soins psychiatriques et la fin de la violence comme programme de politique publique», a déclaré le cinéaste sur Twitter. «Trop tôt pour dénoncer une nation folle des armes? Non, trop tard. Au moins 31 tueries dans des écoles depuis Columbine», a-t-il ajouté.

Restrictions

Aux États-Unis comme au Canada, les armes automatiques sont interdites à la vente. Certaines armes semi-automatiques ont été réintroduites aux États-Unis sous la présidence de George W. Bush, après avoir été interdites sous Bill Clinton. La législation varie selon les États, mais l'obtention d'un permis n'est pas toujours exigée avant l'achat d'une arme (au Canada, souligne toutefois la militante Heidi Rathjen, même si la loi exige qu'un individu possède un permis avant d'acheter une arme d'épaule, le vendeur n'a pas l'obligation de s'assurer lui-même que le permis de l'acheteur est valide. Au Québec, par contre, l'exigence est toujours en vigueur tant que la question de la validité du registre des armes à feu ne sera pas réglée par les tribunaux.)

«Nous déplorons la mauvaise utilisation des armes à feu», a expliqué à l'AFP Alan Gottlieb, fondateur de la Fondation pour le Deuxième Amendement. «Mais il y a un bon côté aux armes qu'on ne doit pas oublier. Ce qui me reste en travers de la gorge, c'est que tous ces crimes complètement fous se sont déroulés dans des lieux où il est interdit d'avoir des armes», a-t-il ajouté. Il estime que les adultes des écoles devraient avoir le droit d'être armés. «Je suis sûr que la personne qui a commis cet horrible crime savait qu'elle pouvait y aller et que personne ne pourrait l'arrêter.»

Avec l'Agence France-Presse