L'Américain libéré par la Corée du Nord, accompagné de l'ancien président Jimmy Carter qui a obtenu sa libération, a retrouvé sa famille vendredi à Boston, après huit mois de captivité.

Marcia Scott Harrison AGENCE FRANCE-PRESSE

L'avion à bord duquel ils se trouvaient s'est posé à 14H00 sur la piste de l'aéroport Logan de la métropole, où attendaient dix-neuf membres de la famille d'Aijalon Mahli Gomes, libéré pour raisons humanitaires.

Quelques instants après, la porte de l'appareil s'est ouverte, et plusieurs membres des services secrets américains ont d'abord débarqué avant que Jimmy Carter et l'Américain ne sortent à leur tour, applaudis par la petite foule présente.

L'ancien président a levé le pouce pour indiquer que tout allait bien, mais n'a fait aucune déclaration à la presse. Il a embrassé la mère de M. Gomes et plusieurs autres personnes, avant de remonter dans l'avion, qui devait repartir peu après.

M. Gomes, un professeur d'anglais de 30 ans, n'a lui non plus fait aucune déclaration, et toute la famille a quitté l'aéroport peu après.

«Cette période a été longue, sombre et difficile pour Aijalon et pour nous», a déclaré la famille dans un communiqué distribué aux journalistes. «Nous remercions le président Carter de s'être rendu en Corée du Nord pour ramener Aijalon à la maison. Nous remercions la Corée du Nord pour avoir bien traité Aijalon et pour avoir accepté de le libérer pour raisons humanitaires».

«Le rétablissement d'Aijalon ne fait que commencer. Nous demandons que sa vie privée et son intimité soient respectées», souligne encore le communiqué.

Jimmy Carter était arrivé mercredi en mission humanitaire pour tenter d'obtenir la libération de M. Gomes, condamné à huit ans de travaux forcés par le régime communiste de Pyongyang pour avoir traversé illégalement la frontière nord-coréenne en provenance de Chine.

Il avait été arrêté en janvier et condamné en avril.

A Washington, le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley s'est félicité de cette libération. «Nous apprécions l'effort humanitaire de l'ancien président Carter et nous nous félicitons de la décision de la Corée du Nord d'octroyer à Gomes une amnistie spéciale et de lui permettre de retourner aux Etats-Unis».

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est également félicité. M. Ban «apprécie la décision de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, Corée du Nord) de libérer Aijalon Mahli Gomes pour des raisons humanitaires et il rend hommage à l'ancien président Carter pour sa mission humanitaire,» a déclaré son porte-parole Martin Nesirky.

Par ailleurs, Pyongyang a exprimé à Jimmy Carter sa volonté de reprendre les négociations à Six sur son programme nucléaire, a annoncé vendredi l'agence officielle nord-coréenne KCNA.

Le numéro deux du régime communiste, Kim Yong-nam, a exprimé la volonté d'une «reprise des négociations à Six» et d'une dénucléarisation de la péninsule, a précisé KCNA après la visite à Pyongyang de l'ancien président.

L'agence Chine nouvelle a rapporté de son côté que «Carter s'est entretenu avec le vice-ministre des Affaires étrangères (chargé du dossier du nucléaire) Kim Kye-Gwan environ cinq minutes à l'aéroport avant de quitter le pays».

L'an dernier, un autre ancien président américain, Bill Clinton, s'était rendu en Corée du Nord et avait permis la libération de deux journalistes américaines qui avaient également été arrêtées après avoir franchi illégalement la frontière.