Après avoir encaissé une série de revers cette semaine, le président Barack Obama est reparti à l'offensive vendredi, promettant de «se battre», en particulier pour faire adopter une réforme de l'assurance maladie dont l'avenir immédiat semble compromis.

Stephen Collinson AGENCE FRANCE-PRESSE

Le président, qui aborde sa deuxième année au pouvoir avec un capital politique amoindri et une popularité en retrait, a retrouvé des accents de sa campagne lors d'une visite dans la petite ville industrielle d'Elyria, en Ohio, destinée selon la Maison-Blanche à garder le contact avec les Américains.

Évoquant la première décennie du XXIe siècle, M. Obama a remarqué devant les élèves d'un centre de formation professionnelle que «cela a été l'une des décennies les plus difficiles pour notre classe moyenne depuis des générations (...) Alors que vos salaires baissaient, que la valeur de votre principal bien, votre maison, diminuait, tous les coûts ont augmenté».

«Je n'ai pas été candidat à la présidence pour fuir ces problèmes. J'ai été candidat pour les vaincre, une fois pour toutes. J'ai été candidat pour que notre économie fonctionne non seulement pour une élite, mais pour les gens qui travaillent dur (...) et oui, pour m'occuper des coûts démesurés de l'assurance maladie qui coulent les finances des familles, des commerces et de notre pays», a-t-il lancé, très applaudi.

«Je n'avais aucune illusion lorsque je me suis attaqué (à la réforme) de l'assurance maladie», a ajouté M. Obama, affirmant avoir su «que ce serait dur»: «je savais dès le début que sept présidents avaient essayé et que sept présidents avaient échoué».

Ce projet phare de la première année de la présidence Obama qui devrait fournir à plus de 30 millions d'Américains la couverture santé dont ils sont dépourvus, s'est retrouvé dans les limbes après la perte mardi par les démocrates d'un siège de sénateur dans le Massachusetts.

Cette défaite encore inimaginable il y a quelques semaines dans un bastion démocrate a permis aux républicains d'atteindre le seul de 41 sénateurs sur 100, grâce auquel ils peuvent bloquer l'adoption de législations.

«Je sais que des types à Washington sont un peu agités cette semaine, et essaient de comprendre ce que l'élection du Massachusetts l'autre jour veut dire pour la réforme de l'assurance maladie, pour les républicains, les démocrates. C'est ce qu'ils aiment faire», a-t-il ironisé.

«Mais ce n'est pas de moi qu'il s'agit. C'est de vous. Je n'ai pas pris ce problème à bras le corps pour faire augmenter ma popularité dans les sondages ou marquer des points. Croyez-moi, si c'était le cas, j'aurais choisi quelque chose de plus facile», a poursuivi le président.

«J'essaie de résoudre les problèmes que les gens d'ici à Elyria et dans l'ensemble de ce pays rencontrent tous les jours», a-t-il ajouté.

«Je vais continuer à me battre pour des réformes réelles et significatives de l'assurance maladie (...) qui apporteront davantage de stabilité et de sécurité pour les gens dans notre système de santé», a promis M. Obama.

Ce sont certains des combats que nous avons menés. Et je peux vous promettre qu'il y en aura d'autres dans les prochains jours», a affirmé M. Obama, qui s'est récemment attaqué frontalement aux sociétés financières sauvées de la débâcle par l'argent du contribuable.

«Vous pouvez en être sûrs, nous allons récupérer cet argent, votre argent, jusqu'au dernier centime», a-t-il dit. «Je ne veux pas que lorsque ces types prennent des décisions imbéciles, ce soit vous qui payiez la facture», a-t-il martelé.