Le sénateur démocrate américain Edward «Ted» Kennedy, ténor de la vie politique aux États-Unis et dernier patriarche de la dynastie Kennedy, atteint d'une tumeur au cerveau, est décédé mardi soir à l'âge de 77 ans.

Olivia HAMPTON AGENCE FRANCE-PRESSE

«Edward M. Kennedy -le mari, le père, le grand-père, le frère et l'oncle que nous aimions tant- est mort tard mardi soir chez lui à Hyannis Port», son fief dans l'État du Massachusetts (nord-est), a déclaré la famille Kennedy dans un communiqué.

«Nous avons perdu le centre irremplaçable de notre famille et une lumière joyeuse dans nos vies mais sa foi, son optimisme et sa persévérance resteront à jamais dans nos coeurs», ajoute le texte.

«Il aimait son pays et a voué sa vie à le servir», affirme encore la famille en soulignant son «combat infatigable» pour la justice sociale et contre la pauvreté.

Les hommages de leaders politiques américains et dans le monde ont aussitôt afflué.

Se disant le «coeur brisé», le président américain Barack Obama a déclaré qu'«un chapitre important de notre histoire s'est clos».

«Notre pays a perdu un grand leader qui a relevé le flambeau de ses frères tombés, pour devenir le plus grand sénateur américain de notre temps», a-t-il dit depuis Martha's Vineyard (nord-est), où il est en vacances.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a exprimé sa tristesse face à la disparition de «notre patriarche», tandis que Nancy Reagan, l'épouse de l'ex-président conservateur Ronald Reagan, soulignait que son mari «et Ted avaient toujours su trouver un terrain d'entente et ils avaient beaucoup de respect l'un pour l'autre».

À l'étranger, le premier ministre britannique Gordon Brown a notamment estimé qu'il serait regretté sur «chaque continent», tandis que son homologue irlandais Brian Cowen jugeait que son pays avait «perdu un véritable ami».

Surnommé de «lion de gauche», Ted Kennedy avait fait de la santé et de l'éducation ses deux grands chevaux de bataille et présidait la commission de la Santé au Sénat.

Son décès intervient en pleine bataille pour réformer le système de l'assurance maladie aux États-Unis.

À la fin de sa vie, il s'était attiré l'admiration de tous dans le combat sans trêve qu'il a mené contre le cancer qui l'a finalement emporté.

Il y a deux semaines seulement, le 11 août, la soeur de Ted, Eunice Kennedy Shriver, était décédée à l'âge de 88 ans. Mais gravement malade, le sénateur, communément appelé «Teddy», n'avait pu assister aux funérailles.

Le sénateur, élu pour la première fois en 1962, avait été opéré en juin pour une tumeur au cerveau, diagnostiquée en mai 2008.

Né le 22 février 1932 à Boston, benjamin des neuf enfants de Joseph et de Rosa Kennedy, catholiques d'origine irlandaise, il a représenté le Massachusetts au Sénat des États-Unis sans interruption depuis son élection en 1962, dans les rangs démocrates, au siège laissé vacant par son frère John, devenu président.

Juriste, diplômé de l'Université de Harvard et de l'Ecole de droit de l'Université de Virginie, Ted Kennedy était resté dans l'ombre politique de ses frères aînés jusqu'à l'assassinat de Robert, en juin 1968, durant la campagne présidentielle, pour devenir ensuite peu à peu une icône de la gauche américaine.

Connu pour son tempérament de bon vivant, il personnifiait aussi l'opulence et l'élitisme. Au point, selon ses détracteurs, que les scandales de sa vie privée lui auront coûté l'accession aux plus hautes fonctions. Il n'a ainsi jamais obtenu l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle.

Mais il a aussi souffert des nombreuses tragédies qui ont frappé le «clan», dont les assassinats successifs de ses deux frères, le président John Fitzgerald Kennedy en 1963, et en 1968 de Robert, ancien ministre de la Justice, alors candidat à la Maison-Blanche. Un autre frère, Joe, pilote, est décédé durant la Seconde guerre mondiale.