On parle beaucoup de l’importance de manger localement. Raison de plus de suivre de près les arrivages des maraîchers québécois. Suivez le guide !

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

En mai, fraises et asperges se pointent le bout du nez

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Le produit dont les Québécois sont les plus friands en début de saison est sans contredit la fraise.

« L’arrivée des premiers légumes, ce sont les asperges et les têtes de violon. C’est suivi des laitues. Ce sont des légumes de primeur », indique Chantal Cadieux, directrice du marketing de l’APMQ.

Les délicieuses asperges du Québec arrivent normalement à la mi-mai. « Mais c’est variable selon la température, précise Mme Cadieux. Il ne faut jamais généraliser d’une région à l’autre. »

PHOTO ARCHIVES LA TRIBUNE

Philippe Beauregard, du Potager Mont-Rouge Halte Gourmande

Selon Philippe Beauregard, du Potager Mont-Rouge Halte Gourmande, situé à Rougemont, LE produit qui excite le plus de Québécois en début de saison est la fraise. « Chez nous, on fait de la fraise de serre dès janvier, qu’on récolte à la mi-avril. Cette année, il y avait beaucoup plus de clients que de fraises ! Quand ça goûte l’été et le soleil, les gens en veulent ! »

Au Potager Mont-Rouge Halte Gourmande, l’autocueillette des fraises a commencé aussi tôt que le 20 juin. « J’ai mis une bâche thermique pour devancer la saison, précise Philippe Beauregard. La fraise, c’est le fruit québécois qui est le plus mangé, à part peut-être la pomme. »

Juin craquant

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Les radis, tout comme les laitues, arrivent rapidement à maturité.

Pourquoi les laitues et le radis sont-ils cueillis si tôt dans la saison ? « Il faut seulement une vingtaine de jours pour qu’ils arrivent à maturité, indique Philippe Beauregard. À l’opposé, on parle de 80 jours pour du maïs sucré. »

En juin, les Québécois peuvent aussi consommer de la camerise, du brocoli, du chou, du bok choy ou encore des oignons verts cultivés en province.

À la fin du mois, place à la bette à carde, à la fleur d’ail, au chou-fleur, à la chicorée et aux cornichons. « Ici, nous en faisons beaucoup. Nous avons l’équipement pour les trier par grosseur. Un cornichon de deux pouces et un autre de six pouces, ce n’est pas la même recette de Ricardo », expose en riant Philippe Beauregard.

L’abondance en juillet

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Les cerises de terre font partie des nombreux fruits et légumes récoltés en juillet.

En juillet, c’est l’abondance : artichauts, betteraves, carottes en feuille et nantaises, céleris, cerises de terre, concombres, haricots, courgettes, alouette !

Selon Philippe Beauregard, la Sainte-Trinité des végétaux comestibles québécois est constituée des fraises, du maïs sucré et des pommes. « Les gens en sont fiers et c’est disponible partout. Un peu comme nos humoristes ! » lance-t-il.

Dans les petits fruits, les bleuets et les framboises — qui arrivent sur les tablettes et dans les marchés en juillet — sont aussi très populaires. « Il y a beaucoup de maladies avec la framboise. Vous avez sans doute vu Onésime Pouliot, de l’île d’Orléans, à la télévision. Il fait de la production hors sol. C’est plus facile à contrôler. Les framboises sont très fragiles et périssables », souligne Philippe Beauregard.

En août, à pleines dents dans le maïs

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Le maïs, un légume « rassembleur », lance Philippe Beauregard.

S’il arrive dès la mi-juillet, « le mois d’or » du maïs sucré au Québec est en août. « J’ai hâte de voir l’effet de la pandémie, mais le maïs est rassembleur. C’est rare que tu manges cela seul, lance Philippe Beauregard. On en mange dans un BBQ. On en achète à la poche. C’est facile à cuisiner. C’est économique. »

Outre le fameux « blé d’Inde », le mois d’août marque la récolte des melons et cantaloups.

« Plusieurs Québécois ignorent que le cantaloup est produit ici », souligne avec raison Chantal Cadieux, de l’APMQ.

Il y a aussi une plus grande diversité de fruits et de légumes cultivés. « De l’ocra, on ne cultivait pas cela ici avant », souligne-t-elle.

C’est la femme végétarienne de Philippe Beauregard qui l’a incité à cultiver l’ocra, que l’on peut acheter au marché Jean-Talon. « C’est beau à pousser. » En août, le basilic du Potager Mont-Rouge est aussi fin prêt, au même titre que les tomates des champs et italiennes. « Comme le pain à hot-dog et les saucisses, cela va ensemble », lance Philippe Beauregard.

Pommes et courges automnales

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

À l’automne, les gens se massent dans les vergers pour cueillir des pommes.

La fin de semaine de la fête du Travail est marquée par l’arrivée massive des poivrons. Suivent quelques jours plus tard les aubergines. Les gens font leurs premières soupes et mijotés d’automne. Ils se massent aussi dans les vergers pour cueillir des pommes.

Suit plus tard la récolte des patates douces. Leur culture n’a rien à voir avec celle des pommes de terre. Peu de maraîchers québécois en font. Un défi que relève le Potager Mont-Rouge. « Il faut l’irriguer. C’est une plante tropicale de la Caroline du Sud, donc il faut mettre une couverture thermique, indique Philippe Beauregard. Ici, on l’offre même en autocueillette. On donne une pelle aux gens ! »

Secret bien gardé : on peut acheter des beignes à la patate douce et au sucre d’érable à la boutique du Potager Mont-Rouge Halte Gourmande.

Les citrouilles arrivent dès la fin du mois de septembre. Philippe Beauregard aimerait par ailleurs que l’engouement pour ce gros végétal orange aille bien au-delà de l’Halloween. Il y a trop de gaspillage, se désole-t-il.

Si un potage à la courge butternut est délicieux, un potage à la citrouille l’est tout autant !

Le défi de manger local

Manger local ? « Cette année, tout le monde en parle, mais cela a toujours été notre mission, lance Chantal Cadieux, de l’APMQ. Des gens sont certainement plus conscientisés. » Il y a aussi une plus grande diversité de fruits et de légumes qui sont cultivés. « L’engouement pour manger local est là », dit Philippe Beauregard. Mais il avoue que l’autocueillette au temps de la COVID-19 et de la distanciation physique comporte son lot de défis. Autre défi de 2020 : le manque de main-d’œuvre — notamment de travailleurs étrangers — avec la COVID-19. Et si une chose hante Philippe Beauregard, c’est le gaspillage. C’est pourquoi il veut tant promouvoir l’autocueillette. « Mes clients deviennent des travailleurs », illustre-t-il. Il invite aussi les Québécois à profiter des arrivages « quand cela sort », même si c’est un plus cher que des produits américains. Après tout, pourquoi acheter des fraises peu goûteuses des États-Unis chez Costco quand on peut en acheter des bien plus savoureuses du Québec dans un marché près de chez soi ? Des fraises, cela se congèle bien, ajoute Philippe Beauregard.

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