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La pollution dangereuse pour les prématurés

Quand le bébé est dans le ventre de... (PHOTO SHAUN BEST, ARCHIVES REUTERS)

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Quand le bébé est dans le ventre de la mère, il est davantage protégé contre les effets aigus de la pollution, dit Deborah Cory-Slechta, de l'Université de Rochester. Mais pour les prématurés, c'est autre chose. Disons qu'il vaut mieux ne pas leur faire prendre l'air des villes avant qu'ils arrivent au terme prévu de la grossesse.»

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(CHICAGO) Les citadines qui ont des enfants prématurés devraient limiter leurs sorties à l'extérieur de la maison dans les premiers mois suivant la naissance, selon une neuropsychologue américaine qui présentait samedi ses travaux à la réunion annuelle de l'Association américaine pour l'avancement de la science, la plus importante réunion de science généraliste au monde.

Des études sur les souris tendent à démontrer qu'une exposition à la pollution typique d'une grande ville nord-américaine aurait des effets importants sur le développement du cerveau du foetus humain.

«Quand les échantillons de cerveau de souris sont arrivés, j'ai été renversée», explique Deborah Cory-Slechta, de l'Université de Rochester, dans l'État de New York. «Elles avaient été exposées à de l'air modérément pollué, semblable à celui de Los Angeles. Il manquait des quantités énormes de cerveau. Une partie du système de drainage était élargie. C'était clairement de la ventriculomégalie, l'étape juste avant l'hydrocéphalie. Ça avait comprimé le reste du cerveau. Et il n'y avait aucune trace des sections de matière blanche qui unissent les deux parties du cerveau. Elles n'étaient jamais apparues ou étaient mortes.»

Seules les souris mâles étaient touchées. «Les résultats ne sont pas directement applicables aux humains, parce que les cavités nasales des souris filtrent probablement moins bien l'air», a dit Mme Cory-Slechta, en entrevue avec La Presse. «Mais de plus en plus d'études lient la pollution à l'autisme et à la schizophrénie, deux maladies qui touchent aussi surtout les mâles. Et ce sont des études faites aux États-Unis, où la pollution est de 10 à 100 fois moins élevée qu'en Chine. Je frémis en pensant aux bébés chinois.»

Les souris étaient exposées à l'air pollué quelques jours après leur naissance. Une autre étude montrait que les souris adultes sont moins touchées par la pollution, même si celle-ci cause de l'inflammation dans le cerveau. Chez les souris, les jours suivant la naissance correspondent au dernier trimestre de grossesse chez l'humain - un moment où le cerveau du foetus est en plein développement. «Quand le bébé est dans le ventre de la mère, il est davantage protégé contre les effets aigus de la pollution, dit Mme Cory-Slechta. Mais pour les prématurés, c'est autre chose. Disons qu'il vaut mieux ne pas leur faire prendre l'air des villes avant qu'ils arrivent au terme prévu de la grossesse.»

Découverte accidentelle

La neuropsychologue de Rochester est tombée sur le phénomène par hasard. «Je m'occupais de l'effet du mercure et du plomb sur le cerveau, dit-elle. Un collègue qui faisait une étude sur l'effet de la pollution sur le coeur m'a demandé si je voulais examiner deux ou trois cerveaux de ses souris. Je me suis dit: pourquoi pas? J'ai été très surprise de constater qu'il y avait beaucoup d'inflammation dans les cerveaux, même si les souris avaient été exposées à l'air pollué deux ou trois mois avant. J'ai obtenu une subvention pour faire ma propre étude.»

La protection du ventre de la mère n'élimine pas tous les risques. Depuis une dizaine d'années, quatre études ont montré que les femmes qui vivent dans les endroits plus pollués durant leur grossesse risquent davantage d'avoir des bébés souffrant d'autisme. «On pense que c'est à cause de l'inflammation que provoque la pollution dans les poumons des mères», dit Marc Weisskopf, de l'Université Harvard, auteur de l'une des études. «Les molécules inflammatoires se retrouvent dans le sang et sont transmises au bébé. Le mécanisme est encore mal compris.»

La dernière étude du Dr Weisskopf, dont il présentait les principaux résultats à Chicago, montre que seules les mères qui vivaient dans un endroit pollué durant le dernier trimestre de grossesse étaient touchées. «Il n'y a pas de lien entre pollution et autisme dans les deux premiers trimestres, ni avant la grossesse, ni après la naissance», dit le Dr Weisskopf.

Les polluants les plus nocifs étaient les particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 microns (un millième de millimètre).

Deux fois

C'est l'augmentation du risque d'autisme chez les enfants dont la mère habite dans une ville polluée pendant la grossesse. L'étude divisait les 22 000 mères de l'échantillon en quatre groupes. Le doublement du risque d'autisme survenait en comparant le groupe de mères habitant les villes les plus polluées et celles des villes les moins polluées (premier et dernier quartile).

Source: Université Harvard




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