Citant la «crise sociale actuelle», un regroupement qui gère les investissements d'une trentaine de congrégations religieuses demande à l'industrie gazière de «marquer un temps d'arrêt» dans le développement du gisement québécois de gaz de schiste.

Publié le 25 oct. 2010
Charles Côté LA PRESSE

Selon le Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE), le projet d'exploitation de gaz de schiste a démarré en «l'absence des conditions propres à l'obtention d'un consentement libre, préalable et éclairé» de la part de la population. Ce consentement passe par «la possibilité de refuser sans contrainte ni pression» les projets gaziers. «Un consentement préalable ne peut être obtenu devant un fait accompli», note le RRSE.

La dernière fois que le RRSE a pris la parole au sujet d'un projet énergétique, c'était lors du débat sur la centrale thermique du Suroît. Ce projet était défendu par André Caillé, alors PDG d'Hydro-Québec et aujourd'hui président de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APQG).

En février 2003, Soeur Esther Champagne, présidente du RRSE, écrivait à M. Caillé, affirmant qu'il y avait «des alternatives plus économiques et plus écologiques au projet du Suroît». Deux jours plus tard, le premier ministre Jean Charest annonçait la suspension du projet.

Soeur Esther reprend maintenant la plume. Dans une lettre aux membres de l'APGQ signée de sa main, le RRSE affirme qu'il «serait judicieux pour l'industrie de marquer un temps d'arrêt».

«Dans cette perspective, nous croyons qu'un appui de votre association à l'élargissement du mandat du Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) et une prolongation de sa durée contribuerait à favoriser l'obtention de ce consentement et pourrait atténuer la crise sociale actuelle», précise-t-on.

La lettre a été envoyée le 8 octobre dernier et transmise à La Presse vendredi.