Les retombées radioactives de l'accident nucléaire de Fukushima sont à peine perceptibles, selon Santé Canada et un physicien nucléaire de Colombie-Britannique. Elles seraient de cinq à dix fois moins importantes que celles de la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

Mis à jour le 30 mars 2011
Mathieu Perreault LA PRESSE

Seule une équipe de l'Université Simon Fraser, à Vancouver, a dévoilé ses mesures de la radioactivité de l'eau de pluie, qui sont 17 fois moins importantes que le pic mesuré à Tokyo dans l'eau potable. Santé Canada a fait un calcul général de l'exposition humaine au Canada, qui montre que même si la pollution radioactive en provenance du Japon continuait durant un an, l'augmentation par rapport à la radioactivité naturelle ne serait que de 0,005%.

Infime exposition

« C'est comme mettre une brique sur la table et absorber la radiation qui en sort «, illustre Christian Janicki, physicien médical à l'Université McGill et responsable de la radioprotection au Centre universitaire de santé McGill.

Santé Canada estime que la radioactivité a augmenté de cinq dix-milliardième de millisievert (mSv) par jour à cause de Fukushima. Normalement, un Nord-Américain a une exposition de 3,5 mSv par année, selon M. Janicki. La radioactivité est cumulative et il faut une accumulation à vie de 1000 mSv pour augmenter la mortalité due au cancer, selon le physicien montréalais (le risque pour la vie entière passe de 40% à 45% ).

Le physicien Kris Starosta, de Simon Fraser, a pour sa part indiqué à La Presse que la radioactivité dans l'est de l'Amérique du Nord est quatre fois moins élevée qu'à Vancouver, sur la base de données du Massachusetts. Il a de plus fourni à La Presse une étude montrant que l'eau de pluie était, après Tchernobyl, jusqu'à trois fois plus radioactive à Vancouver qu'après l'accident récent de Fukushima. « Comme les vents allaient de la Russie vers l'ouest après Tchernobyl, ça signifie que le Québec avait des concentrations encore plus fortes qu'à Vancouver «, estime M. Starosta.