Annoncé en 2008, le projet Trailbreaker devait être achevé début 2010. Propulsé par le prix alléchant du baril de pétrole à l'époque qui a culminé à 146 $ en juillet 2008, le projet de 346 millions a cependant été officiellement abandonné par Enbridge en janvier 2009, victime de la crise financière mondiale.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Pipe-lines Montréal a pourtant continué ses démarches pour la portion québécoise et a déposé un mois plus tard une demande de modification de zonage de terres agricoles pour la construction d'une station de pompage. Cette station, qui doit permettre au pétrole de franchir le mont Sutton, est indispensable pour inverser le flux du pétrole vers Portland.

«Tout ce qu'on fait, c'est qu'on termine ce qu'on avait commencé avant que le projet ne soit mis de côté à cause de la crise économique, explique Guy Robitaille, porte-parole de Pipe-lines Montréal. On attend que la situation économique se rétablisse pour réévaluer la situation et voir si on peut aller de l'avant. Mais il se pourrait qu'on n'aille pas de l'avant.»

Le 26 mai 2009, la Commission de protection du territoire agricole du Québec a consenti au changement de zonage demandé par Pipe-lines Montréal. Un mois plus tard, Stéphane Durand, fils du président du comité de citoyens, Guy Durand, a présenté une requête en contestation.

Cette requête sera entendue par le Tribunal administratif du Québec les 25 et 26 août prochains, à Longueuil.

Quelle que soit l'issue de cet affrontement judiciaire, Pipe-lines Montréal devra obtenir l'autorisation du ministère de l'Environnement du Québec pour construire sa station de pompage. La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a refusé jusqu'à maintenant de prendre officiellement position dans ce dossier.