Après la Financière agricole, la Financière du recyclage ? Afin d'éviter que la crise du recyclage ne se reproduise, l'Union des municipalités du Québec (UMQ) planche sur l'idée d'un régime d'assurance et de protection du revenu pour les centres de tri de la province.

Publié le 18 févr. 2009
François Cardinal LA PRESSE

Selon les informations obtenues par La Presse, les discussions vont bon train au sein de l'Union afin de déposer une proposition en ce sens devant le comité conjoint sur le marché des matières recyclables, mis sur pied par Québec il y a quelques semaines.

Poussé par le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, ce programme d'assurance viserait à atténuer les problèmes liés aux fluctuations des prix des matières. Demain, d'ailleurs, M. Vaillancourt participera à une réunion «spéciale et élargie» de la commission de l'Environnement de l'UMQ portant sur ce sujet. Tout indique que l'Union adoptera une résolution officielle en ce sens le 27 février prochain.

«Le cycle auquel nous faisons face ressemble à d'autres cycles, a indiqué M. Vaillancourt en entrevue. D'où l'idée d'un fonds de stabilisation permanent, qui pourrait être d'environ 15 à 20 millions de dollars.»

Les centres de tri pourraient ainsi piger dans ce fonds lorsque le prix du plastique, du verre ou du papier chute. Puis rembourser les sommes reçues lorsque le prix remonte. Le maire de Laval propose par exemple que les centres remboursent cet argent à raison de 3 à 4$ pour chaque tonne de matières vendues et ce, sans intérêt.

«Le gouvernement avancerait l'argent, puis il se ferait payer au fur et à mesure des cycles économiques, précise M. Vaillancourt. Cela permettrait aux centres de tri de ne pas manquer de liquidités quand les prix baissent. L'idée est d'appliquer aux centres de tri ce qui marche avec le secteur agricole.»

La Financière agricole est un organisme paragouvernemental qui a notamment pour mission de soutenir les agriculteurs lors de temps économiques troubles. Il met à la disposition de ces derniers plusieurs programmes de financement, d'assurance et de protection des revenus afin de réduire les risques financiers, économiques et climatiques qu'ils encourent.

La crise vécue ces dernières semaines par les centres de tri ressemble, il est vrai, à ce que les agriculteurs peuvent vivre. Les centres ont fait face cet hiver à l'effondrement des prix des matières, une dévaluation comparable à celles qu'on observe périodiquement sur les marchés des denrées agricoles.

Fin janvier, devant cette crise sans précédent, le gouvernement Charest a annoncé une série de mesures à court et long termes. Québec offrait alors à la trentaine de centres de tri du Québec des garanties de prêt ainsi qu'une aide financière pour la modernisation de leurs équipements.

Acceptera-t-il d'aller plus loin, en mettant sur pied une «Financière du recyclage» ? La réponse viendra plus tard. Le cabinet de la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, précise que les propositions chemineront par le comité conjoint avant qu'une décision gouvernementale soit prise.

Sous l'égide de Recyc-Québec, ce dernier a pour mandat «de trouver des solutions permettant de favoriser l'adéquation entre l'offre et la demande de matières recyclables au Québec». La plupart des acteurs de l'industrie y siègent, entre autres les centres de tri, les recycleurs et, bien sûr, les municipalités.