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Desjoyeaux et Jourdain s'échappent

Norbert Sedlacek (Nauticsport) est aux prises avec des... (Photo: Jean-Marie Liot, DPPI)

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Norbert Sedlacek (Nauticsport) est aux prises avec des conditions tout simplement hallucinantes.

Photo: Jean-Marie Liot, DPPI

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Éric Lessard
Cyberpresse

Les conditions sont enfin propices à de la vitesse dans ce Vendée Globe 2008-2009 depuis hier alors que Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia) profitent de conditions météo plus que favorables.

Comme prévu, le Canadien Derek Hatfield (Spirit of Canada) a officiellement abandonné la course. Ile ne pouvait réparer seul deux barres de flèche. Derek n'a eu d'autre choix que de se rendre à l'évidence d'annoncer son abandon officiel de la course. Il poursuit sa route vers Hobart, en Tasmanie, dans une mer très dure qui fait souhaiter au marin d'arriver le plus vite possible, selon ses propres dires.

Il sera rejoint par son équipe technique qui tentera de réparer et à défaut d'en être capable, il affrétera un autre bateau afin de pouvoir transporter Spirit of Canada à son atelier de réparation en banlieue de Toronto.

Sinon pour la course elle-même, en moins de 24 heures, Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain ont pris des allures d'avions de chasse. Séparés par un maigre 55 milles, les deux skippers ont porté leur avance sur Jean Le Cam (VM Matériaux) à 343 milles alors que le duo Armel Le Cléac'h (Brit Air) - Vincent Riou (PRB) est relégué à plus de 550 milles de la tête.

C'est la première fois depuis le départ de la course le 9 novembre dernier que l'écart est si grand entre la première et la cinquième position. Joint plus tôt aujourd'hui, Vincent Riou ne semblait pas s'inquiéter outre mesure de l'avance prise par le duo à l'avant.

«J'ai un vent portant et stable, a-t-il dit. Avant c'était frustrant, on avait du vent, des grains à 45 noeuds, mais on ne pouvait pas avancer, compte tenu de l'état de la mer. Les écarts ont augmenté avec les autres, mais ce n'est pas grave: la route est encore longue et la météo peut encore changer beaucoup de choses. De toutes les façons, ça ne sert à rien de s'énerver... La course a un peu changé par rapport à celle d'il y a quatre ans. Il y a plus de manoeuvres, plus de vent et les bateaux vont plus vite. Mais ce sont les portes qui ont changé le plus de choses. Il y a trois ou quatre jours de route entre chaque, et grâce à la fiabilité des informations météo, en terme de stratégie, ça limite les ouvertures de jeu. C'est la nouvelle donne et il faut faire avec.»

La question se pose d'elle-même. Est-ce que ces 350 et 550 milles d'avance sont assez pour prétendre à une véritable échappée? Avec le rythme endiablé et le classement serré depuis le départ de la course, on pourrait avoir tendance à croire qu'avec 10 000 milles encore à faire, un écart de cinq pour cent commence à être assez révélateur, mais il suffit de se reporter à l'histoire des éditions précédentes pour se permettre d'en douter.

En 2000, Michel Desjoyeaux contournait le cap Horn avec 650 milles d'avance sur Ellen Mc Arthur. Mais c'était sans compter avec la remontée de l'Atlantique et le fait que les marins doivent revivre l'enfer du Pot au noir en sens inverse. Vous savez cette zone de convergence intertropicale située à l'Équateur qui joue souvent de bien mauvais tours aux skippers...

En 2000, Desjoyeaux s'y était englué de manière à le rendre très impatient, voir colérique, et l'écart entre son bateau et celui de Mc Arthur avait fondu à 60 milles. Pour ceux qui en auront la chance, vous devez voir le film Odyssées sur le Vendée Globe, qui raconte l'histoire de six des skippers en course lors de l'édition 2000 pour voir le visage de l'ami Mich dans les calmes équatoriaux qui n'en finissaient plus, pour comprendre que cette fois-ci, il ne prendra rien pour acquis.

Pendant que ceux qui sont devant filent à pleine vitesse, la queue de flotte ne se fait que distancer encore plus chaque jour. Bien que ceux devant aient vécu une bien méchante tempête le week-end dernier, ils ont été plutôt épargnés par les très gros coups de vent alors que les amis qui ferment la marche ne comptent plus les périodes de conditions extrêmes depuis le départ.

Raphaël Dinelli (Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport) sont en effet encore aux prises avec des conditions tout simplement hallucinantes. À preuve, Dinelli, détenteur du record de participations à l'épreuve (sa quatrième) ne pouvait être plus clair lorsque joint plus tôt ce matin:

«Dehors, la mer est toute blanche tellement il y a de vent, disait-il. Ce n'est pas la plus grosse tempête que j'ai affrontée, je me souviens d'une aux Açores (en Atlantique)... mais là, il y a les rafales et le froid. Je suis obligé de sortir régulièrement pour éviter que la bôme ne touche l'eau. Je dois éviter d'aller trop vite parce que ça pourrait mal tourner. Malgré mon expérience des mers du sud, c'est la première fois que je vois l'Océan indien aussi fort.»

Avec un océan de retard, dans 50 à 60 noeuds de vent et naviguant sur des vagues tout simplement dantesques, les deux marins fermant la marche ne peuvent qu'être admirés pour leur résilience alors que, loin derrière, ils sont souvent simplement oubliés.

Les positions à 15h TU + retard sur le 1er (milles nautiques):

1- Michel Desjoyeaux-FRA (Foncia)2- Roland Jourdain-FRA (Veolia Environnement), 55

3- Jean Le Cam-FRA (VM Matériaux), 343

4- Armel Le Cléac'h-FRA (Brit Air), 553

5- Vincent Riou-FRA (PRB), 560

6- Jean-Pierre Dick-FRA (Paprec-Virbac), 1350

7- Samantha Davies-GB (Roxy), 11635 (provisoire, suite à un détournement d'urgence)

8- Marc Guillemot-FRA (Safran), 2057 (provisoire, suite à un détournement d'urgence)

9- Brian Thompson-GB (Team Pindar), 2290

10- Dee Caffari-GB (Aviva), 2377

11- Arnaud Boissières-FR (Akena Verandas), 2378

12- Steve White-GB (Toe in Water), 3045

13- Jonny Malbon-GB (Artemis), 3926

14- Rich Wilson-USÀ (Great American), 4001

15- Norbert Sedlacek-AUT (Nauticsport), 4998

16- Raphaël Dinelli-FRA (Océan Vital), 5051

17- Sébastien Josse -FRA (BT), Abandon, Safran cassé

18- Derek Hatfield-CAN (Spirit of Canada), Idem, Barres de flèches cassées

19- Yann Eliès-FRA (Generali), Idem, Fracture à la jambe 20-Jean-Baptiste Dejeantly-FRA (Maisonneuve), idem, multiples problèmes d'usure

21- Mike Golding-GB (Ecover), idem, Dématâge

22- Bernard Stamm-SUI (Cheminée Poujoulat), idem, Échouage

23- Dominique Wavre-SUI (Temenos), idem Ennuis de quille

24- Loïc Peyron-FRA (Gitana Eighty), idem, Démâtage

25- Una Basurko-ESP (Pakea Bizkaia), idem, Bris au puits de safran tribord

26- Jérémie Beyou-FRA (Delta Dore), idem, Barres de flèches cassées

27- Alex Thompson-GB (Hugo Boss), idem, Dommages structurels

28- Kito de Pavent-FRA (Groupe Bel), idem, Démâtage

29- Marc Thiercelin-FRA (DCNS), idem, Démâtage

30- Yannick Bestaven-FRA (Aquarelle.com), idem, Démâtage




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