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Jean-Pierre Dick passe en tête

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Jean-Pierre Dick

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Éric Lessard
Cyberpresse

Glissant à pleine vitesse dans 30 à 40 noeuds de vent depuis vendredi, la tête de flotte a passé la deuxième porte des glaces de la course et vogue maintenant dans l'Océan indien. Michel Desjoyeaux continue sa remontée spectaculaire et le Canadien Derek Hatfield connaît de nouveau des ennuis techniques.

Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) a pris la mesure de la course avec 38 milles d'avance sur Roland Jourdain (Veolia) et 54 sur Sébastien Josse (BT) grâce à la prise d'une option plus au sud qui lui a garanti un routage direct vers la deuxième porte des glaces.L'ancien vétérinaire et ex-chef d'entreprise qui a un parcours de skipper atypique, ayant commencé la voile sur le tard, aura trimé dur pour prendre la tête de la course et en a vu de toutes les couleurs pour la maintenir dans les dernières 24 heures.

Dick, à son deuxième Vendée Globe, s'est offert un chapelet de situations difficiles depuis hier matin.

En premier lieu, son enrouleur de gennaker s'est brisé, l'obligeant à réparer pendant 4 heures directement sur le pont à l'avant du bateau. La mer cassante, la houle énorme et le froid ont rendu l'expérience périlleuse et ardue.

Alors qu'il voyait la situation revenir à la normale, son pilote automatique à fait des siennes et pour une raison encore inconnue, son pur-sang a décidé de partir en vrac et de se coucher à 80 degrés sur le côté l'obligeant ainsi à ranger durant deux heures tout l'intérieur du bateau.

Comble de malheur, alors qu'il était en train de terminer le rangement dans le puits de quille, Virbac Paprec a fait un saut de vague et est allé se planter dans la vague suivante. Résultat : arrêt net du bateau, le skipper qui fait 2 mètres dans les airs pour finalement se retrouver couché sur son petit spi en ayant bien sûr eu la malchance de s'être frappé la tête contre la cloison du bateau.

Dick commentait ce matin la situation sans équivoque : « Sûrement l'une des plus dures journées de ma vie... tous ces problèmes dans la même journée dans un coin de mer vraiment pas fait pour les humains, je m'en serais volontiers passé... »

Les dix premiers sont maintenant regroupés à l'intérieur d'une distance de 180 milles.

Roland Jourdain (Veolia), 2e et à son troisième Globe, a lui aussi vécu l'une des journées générant les conditions mêmes que les marins recherchent dans cette épreuve.

« Ce sont les 40èmes comme dans les prospectus! 35 noeuds de vent bien tapés et la mer qui va avec... J'ai fait des surfs assez costauds à plus de 27 noeuds. Cette nuit, deux petits départs au tas à cause des fusibles des safrans qui ont lâché. Je suis gonflé à bloc. Le Vendée Globe n'est pas une promenade bucolique! Ce matin, j'ai fait la grasse matinée. J'ai dormi trois fois une heure dans la couchette! »

Michel Desjoyeaux, dont on a évoqué l'immense talent hier, est quant à lui toujours en chasse et bouffe littéralement les positions au classement. L'ami Mich fait parler de lui dans le groupe de tête alors que les skippers y vont d'accusations à peine voilées contre le vainqueur du Vendée Globe 2000/2001 à l'effet qu'il pousse la machine trop fort, trop tôt.

Desjoyeaux, marin le plus titré de l'histoire en solitaire, n'a que faire des critiques.

Ayant toujours eu comme philosophie de bâtir un bateau en relation avec le style de navigation du skipper contrairement à une construction axée seulement sur la puissance brute, il explique qu'il navigue avec celui-ci dans les limites de ce pour quoi il a été construit et que les conditions de portant, à moins de partir en vrac, sont rarement des conditions favorables aux avaries.

L'ami Mich est maintenant... sixième... à 89 milles nautiques de la première position. Fait important, cette position n'a pas été acquise par un routage différent des autres, mais plutôt par la simple vitesse pure.

Armel Le Cléac'h (Brit Air) qui, dans la descente de l'Atlantique, se positionnait régulièrement sur le podium, ayant même mené la course un certain temps est actuellement 10e. Il semble que le Grand sud a quelque peu refroidi les ardeurs du petit nouveau car il n'affiche plus la même assurance tranquille.

Le Canadien Derek Hatfield (Spirit of Canada), quant à lui, continue de se taper les ennuis les uns après les autres.

Après sa journée de nettoyage pour faire suite au passage de la nappe de mazout et de multiples bris, voici maintenant que son pilote automatique lui cause des ennuis. Mais il ne pense pas avoir de difficulté à réparer.

Hatfield se prépare à entrer dans le Grand sud. Il doit donc avoir un pilote très fonctionnel afin de pouvoir naviguer correctement dans ces eaux hostiles. Le Canadien est aujourd'hui 22e au classement avec plus de 1600 milles derrière le meneur.

L'Espagnol Unai Basurko (Pakea Bizkaia) a officiellement abandonné l'épreuve hier. Considérant les avaries majeures à sa boite de safran tribord qui ne lui permettent plus d'utiliser ce côté du bateau et tenant compte des dangers auxquels il peut s'exposer en mers du sud, son équipe a annoncé officiellement son retrait.

Les conditions météo actuelles font en sorte que le groupe des dix meneurs navigue maintenant avec un système météo d'avance sur ses poursuivants.

Les vents devraient faiblir quelque peu aujourd'hui pour ceux qui sont devant alors que la prochaine dépression en vue viendra encore une fois de l'arrière. Cela permettra aux poursuivants de reprendre un peu de la distance perdue, mais ce n'est que partie remise puisque le groupe de tête touchera ultérieurement lui aussi une dépression, par l'avant cette fois, et aura alors toutes les chances de s'échapper vers le cap Horn.

En ce sens, les prochaines 48 heures devraient être très révélatrices.

Les positions + retard sur le 1er (milles nautiques)

1- Jean-Pierre Dick-FRA (Paprec-Virbac)

2- Roland Jourdain-FRA (Veolia Environnement), 38

3- Sébastien Josse -FRA (BT), 54

4- Loïc Peyron-FRA (Gitana Eighty), 56

5- Mike Golding-GB (Ecover), 74

6- Michel Desjoyeaux-FRA (Foncia), 89

7- Yann Eliès-FRA (Generali), 114

8- Vincent Riou-FRA (PRB), 124

9- Jean Le Cam-FRA (VM Matériaux), 138

10- Armel Le Cléac'h-FRA (Brit Air), 180

11- Marc Guillemot-FRA (Safran), 315

12- Dominique Wavre-SUI (Temenos), 401

13- Brian Thompson-GB (Team Pindar), 620

14- Samantha Davies-GB (Roxy), 656

15- Bernard Stamm-SUI (Cheminée Poujoulat), 706

16- Dee Caffari-GB (Aviva), 818

17- Arnaud Boissières-FR (Akena Verandas), 821

18- Steve White-GB (Toe in Water), 911

19- Jonny Malbon-GB (Artemis), 1027

20- Rich Wilson-USA (Great American), 1180

21- Jean-Baptiste Dejeantly-FRA (Maisonneuve), 1545

22- Derek Hatfield-CAN (Spirit of Canada), 1604

23- Raphaël Dinelli-FRA (Océan Vital), 2022

24- Norbert Sedlacek-AUT (Nauticsport), 2040

25- Una Basurko-ESP (Pakea Bizkaia), Abandon, puits de safran tribord

26- Jérémie Beyou-FRA (Delta Dore), idem, barre de flèche cassée

27- Alex Thompson-GB (Hugo Boss), idem, dommages structurels

28- Kito de Pavent-FRA (Groupe Bel), idem, Démâtage

29- Marc Thiercelin-FRA (DCNS), idem, Démâtage

30- Yannick Bestaven-FRA (Aquarelle.com), idem, Démâtage




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