Des centaines de manifestants ont marché dans les rues de Montréal-Nord hier après-midi pour demander une enquête indépendante sur la mort de Fredy Villanueva et pour protester contre la répression policière. La manifestation s'est déroulée sans violence, bien que la foule ait constamment hué et injurié les agents du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Daphné Cameron LA PRESSE

"Assassins", "criminels", "plus jamais", a scandé la foule le long du trajet de 6km qui s'est terminé dans le parc Henri-Bourassa, devant l'endroit où Fredy Villanueva a été abattu par un policier du SPVM il y a deux mois.

"C'est une manifestation pacifique, il n'y aura pas de débordements, a précisé la porte-parole de la Coalition contre la répression et les abus policiers, Nargess Mustapha. Nous exigeons une enquête publique et indépendante sur la mort de Fredy Villanueva ainsi que la fin des abus et de l'impunité policière."

La Coalition contre la répression et les abus policiers a été créée pour organiser la manifestation d'hier. Elle regroupe plusieurs organismes, dont la maison des jeunes de Côte-des-Neiges, Montréal-Nord Républik, l'Association générale étudiante du cégep du Vieux-Montréal et le Collectif opposé à la brutalité policière.

Conflit d'intérêts?

Selon la Coalition, la Sûreté du Québec, chargée de l'enquête sur les circonstances de la mort de Fredy Villanueva, est en conflit d'intérêts. "Des policiers ne peuvent pas enquêter sur des policiers", a déclaré devant les manifestants l'un des porte-parole du groupe, Will Prosper.

Plusieurs citoyens et artistes de la scène hip-hop montréalaise se sont également greffés à la Coalition pour dénoncer le profilage racial dans les quartiers défavorisés de la métropole.

"Il y a autant de bons que de mauvais policiers, a lancé Kervens Larrié, rappeur et ami de Fredy Villanueva. Mais je vis à Montréal-Nord et, trop souvent, ils ont tendance à mettre tous les Noirs dans le même paquet. Les citoyens sont tannés. C'est ça qui a causé l'émeute, à mon avis."

Éric Denis, un enseignant qui travaille à Anjou, est venu protester avec sa petite fille de 1 an. Il dit avoir été victime de profilage racial.

"On m'a déjà passé les menottes parce que je me trouvais devant un immeuble qui venait d'être cambriolé. Donc, je peux comprendre que les jeunes soient frustrés lorsqu'ils sont arrêtés sans raison. Il faut que les policiers soient mieux formés pour travailler avec la clientèle de Montréal-Nord. Il nous faut un renouveau de société."

"Pour que les abus cessent, il faudrait que les policiers soient accusés quand ils commettent des crimes. Pour l'instant, ils ont l'impunité", a ajouté le porte-parole du Collectif opposé à la brutalité policière, François Du Canal.

Selon les organisateurs, entre 450 et 500 personnes ont participé à la manifestation d'hier.