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Les libéraux se justifient

(Ottawa) Pour la première fois de son histoire, le parti libéral a été contraint de défendre le bien-fondé d'une entente avec son ennemi juré, le bloc québécois, qui pourrait lui permettre de prendre le contrôle du gouvernement.

Durant la période de questions, les députés conservateurs ont critiqué avec violence ce qu'ils décrivent comme un «pacte avec le diable», passé entre «les héritiers de Trudeau et de Laurier» et les «séparatistes» qui veulent «détruire» le Canada.

«Les députés conservateurs québécois ont accusé (Gilles) Duceppe d'avoir vendu son âme de souverainiste au parti libéral du Canada. Et les députés et le premier ministre, en anglais, ont accusé le parti libéral du Canada d'avoir rendu le canada aux séparatistes, a lancé le chef libéral Stéphane Dion, furieux, en sortant de la chambre. Ce sont deux mensonges. Ils doivent choisir entre leurs mensonges.»

Son «amour» du Canada ne peut être remis en question, a-t-il dit, et cette alliance temporaire servira le pays en entier, selon lui.

«Je pense qu'en amenant nos concitoyens du Québec, qui croient à l'indépendance du Québec, à travailler pour la construction d'un Québec et d'un Canada plus forts, on sert l'unité canadienne», a affirmé M. Dion devant la presse parlementaire.

À l'opposé, le chef du bloc, Gilles Duceppe, a réitéré que son appui à une coalition de partis fédéralistes centralisateurs n'avait rien de contradictoire avec sa volonté ferme de voir le Québec accéder au statut de pays. «M. Layton et M. Dion ne changeront pas. Ce sont des fédéralistes et je suis un souverainiste, a souligné M. Duceppe. Je pense que chaque gain que nous faisons ici est bon pour le Québec. Et ce qui est bon pour le Québec est aussi bon pour un Québec souverain.»

Néanmoins, fait rarissime, des députés libéraux sont allés hier jusqu'à défendre le travail du chef bloquiste, ainsi que ses électeurs.

Les idées de Duceppe

«Gilles Duceppe avait en réalité plus d'idées à proposer pour protéger les emplois des canadiens que le premier ministre Stephen Harper», a estimé le député libéral Scott Brison, qualifiant de «pathétique» la gestion de l'économie par les conservateurs.

«Le bloc a été élu par beaucoup de québécois, pas nécessairement parce qu'ils partagent leur objectif primaire de se séparer du Canada, mais parce qu'ils appuient leur politique sociale, que les libéraux, souvent, partagent aussi», a renchéri la députée libérale montréalaise Marlene Jennings.

Pour Martha Hall Findlay, qui était de la course à la direction du parti libéral en 2006, c'est tout simplement insultant pour les québécois de voir le premier ministre Harper diaboliser le bloc québécois.

Une insulte

«Chaque vote d'une personne qui vit au Québec est aussi important qu'un vote de l'Ontario ou un vote de l'Alberta. Ce que le premier ministre a dit aujourd'hui (hier), pour moi ça doit être une insulte pour tout le monde qui a voté au Québec», a souligné mme Hall Findlay.

Selon plusieurs députés de l'opposition, la vive réponse de stephen harper hier aux communes, les critiques virulentes de nombreux journaux du Canada anglais et l'opération de relations publiques menée par les conservateurs ne suffiront pas à faire tourner le vent de l'opinion publique contre le projet de coalition des partis de l'opposition.

«Il n'y a pas de volte-face, a réagi la députée Marlene Jennings, qui a été très impliquée dans la négociation de l'entente. Mais ce qui est clair, c'est que les conservateurs, avec tout l'argent qui leur sort par les oreilles, sont en train de monter une campagne.»

Certains ont quand même admis avoir des craintes face à cette campagne qui s'amorce et à la force du parti conservateur en matière de communications.

«Oui, j'ai peur de leur frappe parce qu'elle est très violente et très cynique. Je pense que la population est tellement exaspérée avec nos jeux soi-disant politiques, qu'à un moment donné, ils ne savent vraiment plus en qui croire», a confié Alexandra Mendes, députée libérale de Brossard-La Prairie. «Mais quand on dit sincèrement que notre objectif est de relancer l'économie, et que c'est pour cela que nous avons conclu cette entente, je pense que la population, elle, nous croit», a-t-elle ajouté.




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