Le gouvernement Harper a été victime d'un vaste canular sur Internet qui semble provenir d'un groupe américain appelé les Yes Men, en marge de la Conférence de Copenhague.

François Cardinal LA PRESSE

La situation, qui émane d'un faux communiqué de presse annonçant un virage majeur de la politique environnementale du pays, a d'abord mis la délégation canadienne dans l'embarras, puis l'a plongée aussitôt dans une vive controverse avec l'écologiste Steven Guilbeault.

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Vers 8h30, heure du Québec, un faux communiqué de presse frappé du logo d'Environnement Canada a été envoyé à plusieurs journalistes. On pouvait y lire qu'Ottawa s'engageait à adopter un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 40% d'ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990 (la cible réelle est de 3%).

Pour rendre cela plus crédible encore, les auteurs de la supercherie ont créé un faux site web d'Environnement Canada, un faux site web du Wall Street Journal rapportant la nouvelle et même un faux article de presse rapportant les félicitations du gouvernement ougandais!

Quelques minutes plus tard, le porte-parole du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, a envoyé aux journalistes un courriel niant que son gouvernement était l'auteur du communiqué. Il a en a profité pour accuser M. Guilbeault d'être responsable du canular, sans aucune preuve, a-t-il reconnu plus tard.

«On nous dit que (ce faux communiqué) peut avoir été émis par M. Guilbeault», a-t-il écrit, soulevant immédiatement l'ire de l'environnementaliste d'Équiterre. Ce dernier exige des excuses publiques du cabinet du premier ministre.

Tout cela s'est passé quelques minutes avant une conférence de presse du ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice. M. Guilbeault a donc décidé d'attendre ce dernier devant la porte où l'événement devait se dérouler.

Le premier à se pointer a cependant été Dimitri Soudas, ce qui a aussitôt provoqué une importante prise de becs entre les deux hommes. En colère, M. Guilbeault a exigé des excuses publiques, à quoi son vis-à-vis a répliqué qu'il aurait tout intérêt à cesser de critiquer le Canada sur la scène internationale.

Une recherche sur Internet (menée par un lecteur de Cyberpresse) a permis de retracer les possibles auteurs du canular, les Yes Men. Ce groupe d'imitateurs américains, connu pour des canulars politiques similaires, a pour mission d'«imiter les criminels pour les humilier», précise-t-on sur leur site web.