(Ottawa) La nouvelle ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Filomena Tassi, a fait ses premiers achats : il s’agit de traitements antiviraux oraux contre la COVID-19, dont le Canada s’est procuré environ 1,5 million de doses, en plus de s’être assuré d’une option sur 500 000 comprimés additionnels.

Mis à jour le 3 déc. 2021
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Le gouvernement fédéral a conclu des ententes avec les sociétés pharmaceutiques Pfizer (1 million de doses) et Merck (500 000 comprimés, avec la possibilité de mettre la main sur 500 000 doses supplémentaires). Ce faisant, le Canada se dote « d’un outil important de plus dans sa boîte à outils », s’est réjouie la ministre Tassi en conférence de presse, vendredi.

PHOTO ADRIAN WYLD, LA PRESSE CANADIENNE

Filomena Tassi, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, et Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé

Les deux traitements n’ont pas encore obtenu le sceau d’approbation de Santé Canada, mais « dès qu’ils seront approuvés », ils seront expédiés aux provinces et aux territoires, a précisé à ses côtés le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, qui avait donné un préavis à ses partenaires provinciaux et territoriaux, mardi soir dernier.

Cela ne change rien au fait que la vaccination est « déterminante » dans la lutte contre la COVID-19, mais il reste « vital que tous au Canada aient accès à des traitements potentiels », a plaidé le ministre.

Le ministre Jean-Yves Duclos a expliqué que ces traitements par voie orale étaient plus pratiques que les autres médicaments offerts, administrés par voie intraveineuse.

« Il y a des médicaments antiviraux qui existent en ce moment, mais ce sont des traitements intraveineux, qui doivent être donnés dans un contexte hospitalier, et ça, c’est compliqué pour le patient, c’est compliqué aussi pour l’hôpital – on connaît les conditions difficiles dans lesquelles les infirmières et les médecins travaillent », a-t-il dit.

Risque d’hospitalisation réduit

La société Merck a déposé une demande d’autorisation pour son produit, le molnupiravir, le 13 août dernier auprès de Santé Canada. Quant au fabricant Pfizer, il a présenté son dossier pour ses comprimés (une combinaison de paxlovid et de ritonavir) le 1er décembre dernier. Dans les deux cas, il faut prendre plusieurs doses pendant quelques jours.

Selon les résultats des essais cliniques actuellement à l’étude, ces pilules réduiraient de façon significative le risque d’hospitalisation des personnes qui contractent la COVID-19, qu’ils soient vaccinés ou non vaccinés, car ils atténuent la gravité de la maladie.

Aux États-Unis, mardi dernier, un comité d’experts de la Food and Drug Administration (FDA) a donné le feu vert au traitement de Merck, mais de justesse, par 13 voix contre 10. Les médicaments ne se retrouveront cependant pas sur les tablettes avant l’approbation de la FDA et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

Le Royaume-Uni l’a toutefois autorisé d’urgence pour les adultes il y a environ un mois, devenant le premier pays à le faire.

Merck prévoit produire 10 millions de traitements d’ici la fin de 2021, et au moins 20 millions en 2022.

Davantage de tests

Alors que, sur l’autre colline, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, communiquait un peu plus tôt l’intention du gouvernement de procéder à la distribution de 10 millions de tests de dépistage rapide d’ici le temps des fêtes, la ministre Tassi a assuré que le gouvernement fédéral continuait à veiller au grain en ce qui a trait à l’approvisionnement en tests.

« Mon ministère travaille avec les manufacturiers pour se procurer davantage de tests. Et je peux confirmer que les contrats existants nous procurent la flexibilité de s’assurer qu’on peut composer avec toute hausse de la demande », a-t-elle déclaré.