Après avoir voulu « donner le choix » à la population, le gouvernement Legault a publié mercredi une directive suggérant aux Québécois ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca en première dose de « recevoir un vaccin Pfizer ou Moderna pour leur deuxième dose ». Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a toutefois apporté des précisions jeudi.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Les personnes de 18 ans et plus qui ont reçu le vaccin Covishield ou AstraZeneca comme première dose devraient recevoir un vaccin Pfizer ou Moderna pour leur deuxième dose. L’administration d’un vaccin Pfizer ou Moderna en deuxième dose est plus efficace que deux doses du vaccin AstraZeneca ou Covishield », a indiqué mercredi le gouvernement du Québec sur son site internet.

La diffusion de ce nouvel avis, qui n’a pas été communiqué par les autorités, est survenue dans la foulée d’un récent document du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) publié mardi. Dans ce rapport soumis au gouvernement, on lit que « pour les personnes de 45 ans et plus qui auraient reçu le vaccin AstraZeneca comme première dose », le CIQ privilégie désormais « l’offre d’un vaccin à ARN messager pour la deuxième dose, bien que l’offre d’une deuxième dose de vaccin AstraZeneca reste une option valable ».

Cette recommandation « est en lien avec les données d’immunogénicité très récentes suggérant qu’un schéma première dose AstraZeneca + deuxième dose vaccin ARN messager procure une réponse immunitaire, mesurée en laboratoire, supérieure à deux doses de vaccin AstraZeneca, notamment contre certains variants », indique le Comité.

Mais l’administration d’une deuxième dose de vaccin d’AstraZeneca « reste une option valable puisque ce calendrier a été plus largement étudié et offre une très bonne protection contre la COVID-19 ». « En ce qui concerne l’innocuité, les données ne permettent pas de conclure à savoir quel schéma est lié à une plus grande réactogénicité lorsqu’un intervalle de huit semaines ou plus entre les doses est utilisé », dit-on.

En point de presse jeudi, M. Dubé a indiqué que la mention mise en ligne la veille est une « erreur de communication ». Le ministre a affirmé qu’au lieu du mot « devraient », on aurait dû lire « pourraient ». Le tout a été corrigé en ligne.

Beaucoup de confusion

Toute cette affaire a eu pour effet de créer de la confusion, surtout par rapport aux propos du ministre Christian Dubé, et du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, dans les derniers jours. Les deux hommes avaient laissé entendre mardi qu’il reviendra d’abord aux Québécois de choisir. « Si vous avez reçu une première dose d’AstraZeneca sans trop d’effets secondaires, vous pourriez rester avec AstraZeneca », avait expliqué en ce sens le DArruda.

En réponse à nos questions, le cabinet du ministre Dubé avait indiqué mercredi que « le gouvernement suit de très près les avancées scientifiques et continue de se fier à ses experts ».

« La mise à jour de l’avis CIQ ne change rien aux opérations. Les Québécois ont toujours eu l’option d’avoir un vaccin ARN en deuxième dose s’ils ont eu un AstraZeneca en première dose, si c’est ce qu’ils souhaitaient. Fort de cet avis du CIQ, la Santé publique est formelle à l’effet que tous les vaccins sont bons et nous protègent collectivement de la COVID-19 », a soulevé l’attachée de presse, Marjaurie Côté-Boileau.

Elle a précisé que les personnes ayant reçu deux doses d’AstraZeneca demeurent « beaucoup moins à risque pour les hospitalisations et les risques de maladie grave liés à la COVID-19, et ont déjà la vaccination derrière elles ».

600 000 doses de Pfizer en moins

Le ministère de la Santé et des Services sociaux, lui, a annoncé mercredi soir que le Québec recevra 600 000 doses de Pfizer de moins que prévu entre les semaines du 5 et du 12 juillet.

En raison de ces nouvelles prévisions à la baisse, qui ont d’abord été transmises par le gouvernement fédéral, « il n’y aura pas de rendez-vous additionnels qui pourront être pris au cours des deux premières semaines du mois de juillet au Québec ».

Cela dit, tous les rendez-vous déjà pris ou devancés jusqu’à maintenant seront honorés, assure Québec qui souligne que « l’opération de devancement de l’administration des deuxièmes doses se poursuit ». L’objectif de vacciner tous les Québécois de 12 ans avec deux doses d’ici le 31 août est aussi maintenu.