Certains employés de la Ville de Québec qui se sont présentés au travail avec des symptômes de la COVID-19 ont forcé l’administration à lancer un rappel à l’ordre cette semaine, alors que l’évolution de la pandémie est carrément devenue « dangereuse » dans la capitale, du propre aveu du maire Régis Labeaume.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Dernièrement, plusieurs interventions furent nécessaires auprès d’employés ne respectant pas les mesures préventives en milieu de travail. Également, des employés se sont présentés sur les lieux du travail avec des symptômes reliés à la COVID-19, ce qui constitue un manquement à risque élevé pour la santé et sécurité de nos employés », écrit la direction générale de la Ville, dans un communiqué interne envoyé à tous les employés mardi, dont La Presse a obtenu copie.

On y apprend que des consignes ont été données aux gestionnaires pour « prendre les mesures nécessaires » et « s’assurer du respect des mesures préventives par l’ensemble des employés ». Il faudra « intervenir rapidement face à des manquements ou des comportements inadéquats dans le contexte actuel », lit-on dans l’avis en question. La Ville affirme qu’il en va d’une importance capitale pour « maintenir le niveau de service de la Ville », surtout dans le contexte de la forte transmission des variants jugés plus contagieux.

La direction ajoute que « considérant les conséquences graves possibles du non-respect des mesures », une « politique de tolérance zéro » doit être appliquée dans tous les départements. « Ce non-respect contrevient directement aux obligations du travailleur prévues aux alinéas 2 et 3 de l’article 49 de la Loi sur la santé et sécurité du travail (LSST) », martèle l’administration.

Celle-ci rappelle au passage que les gestionnaires « doivent informer les relations de travail de tout manquement » afin que ces dernières « évaluent si un processus disciplinaire doit être entamé ». « Nous comptons sur vous pour demeurer vigilants et pour poursuivre vos efforts afin de limiter les éclosions dans votre milieu de travail », insiste-t-on.

Tous les employés sont invités à faire part de leur état de santé « dès l’apparition de symptômes ». On recommande également de le faire si des symptômes apparaissent chez une personne vivant sous le même toit, ou si vous ou vos proches ont été en contact étroit avec une personne diagnostiquée positive.

Une ville mise « sur pause »

Le tout survient alors que mercredi en fin d’après-midi, la région de Québec a été mise « sur pause » par le gouvernement provincial, tout comme celle de Lévis et de Gatineau. Le couvre-feu y sera ramené à 20 h et les écoles ainsi que les commerces non essentiels fermeront leurs portes jusqu’au 12 avril.

Plus tôt dans la journée, le maire de Québec Régis Labeaume avait laissé entendre que l’évolution de la pandémie dans la capitale est carrément devenue « dangereuse ». « J’ai dit la semaine dernière qu’on était en train de l’échapper, et on l’a carrément échappé », a-t-il laissé tomber au cours d’un point de presse.

En effet, la région de Québec rapporte plus de 100 nouveaux cas par jour et « on approche des 200 cas », a-t-il souligné. Le maire Labeaume a aussi appelé la population à être « très prudente ». Mercredi matin, la santé publique de la Capitale-Nationale avait par ailleurs ordonné la fermeture du Centre de conditionnement physique Méga Fitness Gym, de Québec, après une éclosion qui aurait fait au moins 68 cas de COVID-19.