(Ottawa) Depuis l’entrée en vigueur de la quarantaine obligatoire à l’hôtel pour les voyageurs aériens, il y a deux semaines, 15 amendes ont été remises à des voyageurs qui sont rentrés au Canada sans avoir réservé leur séjour dans un établissement hôtelier ou qui ont refusé de s’y rendre après leur arrivée au pays.

Mis à jour le 9 mars 2021
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

« En date du 8 mars 2021, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) est au courant que 15 contraventions ont été remises à des voyageurs qui sont arrivés au Canada sans avoir réservé dans un hôtel autorisé par le gouvernement, et subséquemment, d’avoir refusé de s’y rendre », a-t-on écrit dans un courriel.

D’autre part, le nombre de chambres réservées dans l’un des établissements approuvés par le gouvernement pour la quarantaine obligatoire était de 11 440, en date du 6 mars 2021 toujours selon ce qu’a indiqué l’ASPC, mardi.

Le temps d’attente moyen sur la ligne téléphonique de réservation Global Business Travel, qui a été inondée d’appels dans les journées ayant suivi l’entrée en vigueur de la mesure, le 22 février dernier, était d’environ cinq minutes.

« Il est important de noter que les volumes des centres d’appels sont généralement les plus élevés le lundi et continuent de diminuer au cours de la semaine. Nous prévoyons une augmentation des temps d’attente qui suivent ce modèle », a spécifié l’ASPC.

Quarantaine pour voyageurs terrestres ?

Le premier ministre Justin Trudeau a par ailleurs signalé que la suggestion du Bloc québécois d’imposer la quarantaine à tous les voyageurs, y compris ceux qui franchissent la frontière terrestre, se heurterait à des obstacles logistiques.

PHOTO BLAIR GABLE, REUTERS

Justin Trudeau

En conférence de presse à Ottawa, mardi, le premier ministre a fait valoir que les mesures frontalières devaient être « praticables », et que le gouvernement a bien pris soin d’instaurer « des choses qu’on peut arriver à opérationnaliser ».

« Effectivement, il y a différentes mesures pour les aéroports versus nos postes-frontière terrestres, mais nous sommes confiants que nos décisions basées sur les meilleures pratiques, basées sur les recommandations des experts, sont les bonnes pour garder les Canadiens en sécurité », a-t-il indiqué.

Le Bloc québécois a réclamé lundi à la Chambre des communes que tous les voyageurs, aériens et terrestres, soient soumis à une quarantaine obligatoire à l’hôtel.

« Les gens prennent l’avion à Burlington, entrent dans un autobus, traversent la frontière et s’épargnent la quarantaine obligatoire à l’hôtel. Pourquoi les mêmes règles ne s’appliquent-elles pas à tous les voyageurs non essentiels ? », a demandé la députée Marie-Hélène Gaudreau.

Le gouvernement a souvent évoqué le fait qu’il y a 117 points d’entrée officiels à la frontière entre le Canada et les États-Unis. Les vols internationaux peuvent seulement se poser dans quatre aéroports, soit Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary.

La mise en œuvre de la mesure pour les voyageurs aériens a connu de sérieux ratés.

Dans un hôtel situé à proximité de l’aéroport Montréal-Trudeau, une jeune femme a affirmé avoir été victime d’agression sexuelle. Dans un autre établissement, aussi dans la métropole, le chaos régnait ; de nombreux accrocs aux règles de la Santé publique ont été constatés.

Le gouvernement a ouvert une enquête sur les allégations d’agression sexuelle.

Dans le camp conservateur, ces histoires ont inspiré une demande de suspension du programme.