(Québec) Québec accordera une « compensation alimentaire » aux propriétaires de cinémas qui rouvriront leurs portes le 26 février malgré l’interdiction de vendre du « popcorn » et d’autres produits alimentaires.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Le premier ministre François Legault a confirmé sa décision jeudi alors que l’interdiction de vendre du maïs soufflé a causé une commotion cette semaine. Une telle mesure priverait les cinémas d’au moins 50 % de leurs revenus.

« Est-ce que j’anticipais un “popcorn gate” au Québec ? Si vous m’aviez dit ça il y a quelques mois, je n’y aurais pas cru. Mais M. Guzzo est très présent sur Twitter. Il n’est pas très gentil quand il parle de moi. Mais je peux comprendre qu’une part des profits des cinémas vient de la vente de popcorn. […] M. Guzzo disait qu’il n’ouvrirait pas ses cinémas si on ne lui permettait pas de vendre du popcorn et il a plusieurs salles de cinéma », a affirmé M. Legault en expliquant pourquoi Québec accordait une aide supplémentaire aux propriétaires de salles.

« Je sais que je ne suis pas fin, mais il faut se demander ce qu’on a fait pour que M. Guzzo ne devienne pas fin », répond le coloré exploitant de salles rejoint par La Presse. Ce dernier préfère attendre de connaître les détails du montant de l’offre du gouvernement, ainsi que la méthode du calcul avant de commenter plus longuement la proposition de Québec.

D’ailleurs, en fin de journée jeudi, le co-président de l'Association des propriétaires de cinémas du Québec, Éric Bouchard, a indiqué que les discussions en cours permettaient d’être optimiste.

« Nous n’émettrons pas de commentaires aujourd’hui sur la compensation des ventes alimentaires annoncée par le premier ministre puisque les détails de cette compensation restent à être confirmés avec le gouvernement et discutés avec nos membres. Néanmoins, les discussions avec le gouvernement laissent présager une issue positive qui permettrait aux cinémas du Québec de rouvrir le 26 février », nous a fait savoir M. Bouchard.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre avait rappelé que la décision d’interdire la vente de produits alimentaires suivait les recommandations de la Santé publique, de la même façon que les restaurants situés en zone rouge ne peuvent pas accueillir de clients en salles à manger, par exemple. M. Legault a également précisé pourquoi les théâtres n’ouvraient pas en zone rouge, alors que les cinémas s’apprêtent à le faire.

« Dans les dernières semaines, on a parlé avec les propriétaires de théâtre qui nous ont dit que tant qu’on aurait le couvre-feu à 20 h, qu’ils préféraient, pendant quelques semaines, continuer à avoir droit à l’aide financière et préféraient ouvrir dans quelques semaines. C’est dans ce sens-là qu’on va attendre quelques semaines », a-t-il dit.

Plus tôt cette semaine, plusieurs acteurs du secteur des arts de la scène ont questionné le choix du gouvernement de garder les théâtres fermés, alors que d’autres lieux publics, dont les cinémas et les centres commerciaux, s’apprêtent à rouvrir.

« Je me réjouis pour les propriétaires de salles de cinéma, mais je trouve ça incohérent et inéquitable pour notre milieu », a notamment dit Lorraine Pintal, directrice du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).