(Montréal) Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, invite le personnel des écoles à réaliser chaque semaine un suivi auprès des élèves en commençant par les élèves vulnérables.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Dans des directives envoyées jeudi à l'ensemble du réseau scolaire, le ministre invite le personnel à contacter les élèves « soit par téléphone ou différents moyens technologiques permettant un contact direct (services de vidéomessagerie, etc.) ».

« La première des communications qui sera faite par téléphone sera simplement un contact humain. "Bonjour, comment ça va ? Parle-moi un peu de ta journée. Est-ce que tu as vu le nouveau site internet du gouvernement ? Est-ce que tu as des moyens de te connecter ?"», illustre Jean-François Roberge en entrevue à La Presse.

« Bien sûr, ce n’est pas tout le personnel enseignant qui, en fonction de sa situation personnelle, pourra faire ça avec tous les élèves », poursuit-il.

Il appelle à la « coordination » de tout le réseau.

Mercredi, la professeure à l’École de service social de l’Université McGill, Delphine Collin-Vézina, a affirmé à La Presse que le ministre de l’Éducation devait envoyer des « directives claires » à cet égard.

Quant aux élèves vulnérables ou qui présentent des difficultés scolaires, le ministre Roberge assure qu'ils sont toujours « au-dessus de la pile » des priorités gouvernementales et qu'ils doivent être les premiers qui seront joints par les écoles.

« C’est sûr qu’on va vouloir [leur] apporter une attention particulière et ça se reflète dans la lettre qu’on a envoyée en disant qu’il faut prioriser ces élèves-là dans les contacts personnalisés, dans les appels », dit Jean-François Roberge.

Dans sa missive, le ministre invite l'ensemble du personnel des écoles à « participer au nécessaire soutien psychologique et pédagogique des élèves, et ce, en faisant preuve de souplesse, de flexibilité et en tenant compte des situations personnelles de chacun ».

Le ministre Roberge rappelle également que les écoles demeurent fermées et que « seules les directions pourront accéder à leur école, par exemple pour récupérer des outils leur permettant de soutenir leur équipe et de coordonner à distance les efforts de chacun ».

Les directions doivent préparer la récupération des effets personnels « absolument nécessaires » d’ici le 17 avril prochain, en pensant d'abord aux élèves vulnérables et en difficulté d'apprentissage.

« Cette activité doit s’échelonner dans le temps et être coordonnée de manière à bannir les contacts et la proximité entre les personnes », écrit le ministre.

L'année scolaire ne sera pas prolongée

Jean-François Roberge réitère également que les examens du ministère ne seront pas réalisés cette année et qu'il n'est pas prévu d'allonger le calendrier scolaire pour faire l'école l'été.

« Il y a, à chaque été, des cours d'été qui sont organisés, on verra si on est capables de les faire. Ça pourra être très pratique, si on est capable de les bâtir, il y a peut-être beaucoup de jeunes qui voudront s'y inscrire pour consolider les apprentissages, mais ça n'a rien à voir avec le fait de dire qu'on prolonge l'année scolaire », dit le ministre Jean-François Roberge.

Il croit que la grande majorité des jeunes réussiront leur année scolaire, même si la fermeture des écoles va au-delà du 1er mai.

« Je ne suis pas inquiet qu'il y a assez de notes colligées dans les deux premiers bulletins pour permettre aux enseignants de porter un jugement et le jugement sera positif dans la très, très grande majorité des cas. Il ne faut pas se stresser avec ça, on se concentre sur la lutte au virus et du soutien pédagogique aux jeunes pour maintenir les apprentissages », dit le ministre Roberge.