(Québec) Alors que des manifestations « anti-masques » s’organisent dès mercredi soir à Montréal et un peu partout au Québec samedi, dont une à Rimouski, le député de l’endroit, Harold LeBel, a voulu servir un avertissement aux manifestants : « Ce n’est pas le temps de venir parader » ni « de venir allumer des feux » dans le contexte actuel.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Le député du Parti québécois s’est dit inquiet alors qu’une manifestation contre l’application des consignes sanitaires s’organise à Rimouski et dans une quinzaine de villes de la province, samedi.

« Ah, peut-être un petit mot sur la manifestation à Rimouski des anti-masques », a lancé M. LeBel, mercredi. « C’est chez nous, en plein centre-ville de Rimouski. Moi, j’ai entendu les gens de chez nous et on ne veut pas voir ça », a-t-il ajouté, affirmant que « le climat est assez tendu » et que « ça va être vu comme une provocation ».

Mardi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a suggéré aux manifestants anti-masques d’aller « manifester dans un champ de patates ». Un « rassemblement solidaire et pacifique » doit avoir lieu mercredi au Parc LaFontaine. Des militants de la région de Québec sont aussi invités à manifester devant l’Assemblée nationale.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Harold LeBel

Ces nouvelles manifestations surviennent alors que le Grand Montréal, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches tourneront officiellement au rouge à minuit. Le gouvernement obligera dorénavant les manifestants à porter le masque et à se tenir à deux mètres de distance les uns des autres. Les partis d’opposition à Québec espèrent que les débordements seront évités.

« Ce n’est pas une bonne idée [de manifester contre les mesures sanitaires], mais si vous le faites, il faut respecter les règles. Puis, ce que je m’attends, c’est que les policiers et le gouvernement fasse appliquer les règles », a ajouté M. LeBel, qui a pris exemple sur les récentes manifestations des services de garde.

Mais qu’arrivera-t-il si les manifestants refusent de s’y conformer ? Le premier ministre Legault doit révéler à 17 h mercredi les mesures qui seront déployées pour que les policiers fassent respecter les consignes sanitaires dans le contexte où la pandémie s’accélère. L’annonce se fera en compagnie de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault et du DHoracio Arruda.

Il doit être question « des actions » que les policiers « vont poser lors des manifestation s’il y a des gens qui n’ont pas leur masque », a précisé mardi M. Legault.

« J’espère que [le gouvernement] va trouver le bon équilibre et il faut à tout prix, à tout prix, éviter les débordements », a soutenu la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Pour sa part, Québec solidaire « invite les forces policières à faire preuve de discernement ».

« Il faut trouver, et c’est un très fragile équilibre qu’il faut trouver entre protéger le public et ne pas trop limiter la liberté de manifester », a indiqué le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois. « Nous, on pense, par exemple, là, qu’obliger le masque dans les manifestations, ce n’est pas une limite au droit de manifester. C’est un encadrement du droit de manifester et c’est le genre d’encadrement qui est légitime », a-t-il ajouté.