Chaque jour, nous répondons aux préoccupations des lecteurs.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Une personne asymptomatique est contagieuse pendant combien de temps ? Puisqu’elle est porteuse du coronavirus sans le savoir, peut-elle infecter des gens pendant des mois et plus ? Est-ce que la quarantaine de 14 jours est suffisante ?

« On ne le sait pas », indique le Dr Guy Boivin, professeur titulaire au département de microbiologie-immunologie et infectiologie de la faculté de médecine de l’Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les virus en émergence et la résistance aux antiviraux.

« Pour répondre à cette question, il faut faire des cultures au lieu de la PCR [une technique d’amplification de matériel génétique, selon Québec Science], précise le Dr Boivin. Nous sommes à monter une étude québécoise pour répondre à cette question. » En fait, ajoute-t-il, « la question se pose non seulement chez les asymptomatiques, mais aussi chez les symptomatiques ».

Si une intervention chirurgicale d’un jour n’est pas disponible dans un hôpital et qu’elle l’est dans le privé, est-il possible de la subir au privé, puis d’obtenir un remboursement de la Régie de l’assurance maladie du Québec ?

Non. « Si le service est rendu par un médecin non participant au régime public, cette chirurgie ne sera pas couverte par la RAMQ, répond Nicolas Vigneault, des relations avec les médias au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Ce sont les règles de la RAMQ qui s’appliquent en pareil cas. »

J’ai été nommée liquidatrice testamentaire à la suite d’un décès survenu au début de mars. Je travaille dans les services essentiels et j’habite Gatineau. La personne décédée habitait une maison de retraités à Saint-Jérôme. Puis-je aller vider l’appartement ? Si aucun déménageur n’est disponible, puis-je laisser les meubles qui s’y trouvent puisque personne n’accepte les dons ?

« Tous les délais de procédure civile, incluant celui pour renoncer à une succession, sont suspendus », indique Bolivar Nakhasenh, conseillère en communication à la Chambre des notaires. Les fonctions de liquidateur de succession ne sont toutefois pas suspendues.

Il est possible « de limiter les frais tout en respectant les consignes », selon Bolivar Nakhasenh. « Les déménageurs sont considérés comme des services essentiels, rappelle-t-elle. Rien n’empêche les liquidateurs d’une succession de déménager les biens dans un mini-entrepôt pour limiter les frais, plusieurs étant toujours ouverts. » Quant à pouvoir sortir de la région de Gatineau, « nous invitons votre lectrice à vérifier avec les autorités de son secteur qui pourront vous indiquer les documents exigés pour justifier le déplacement, si elles l’autorisent », conseille Bolivar Nakhasenh.

Mon fils a été diagnostiqué de la COVID-19, il y a deux semaines. Il s’est fait retourner à la maison sans test, avec indication de se confiner. Les tests sont réservés seulement aux personnes hospitalisées ou travaillant avec les personnes âgées ou en milieu hospitalier. Y a-t-il des plans pour offrir un dépistage à tous ?

« En effet, la priorisation des tests a changé depuis le 11 avril pour tenir compte de l’évolution de la situation actuelle, répond Marie-Hélène Émond, des relations avec les médias au ministère de la Santé et des Services sociaux. Il est vrai de dire que les tests sont surtout réservés aux gens hospitalisés et au personnel de la santé, mais il n’est pas impossible d’obtenir un test de dépistage si on a des symptômes. »

Les tests de dépistage vont, en priorité, aux patients symptomatiques (aux urgences, hospitalisés ou en unité d’hémodialyse), aux femmes enceintes symptomatiques au troisième trimestre de grossesse et aux personnes symptomatiques devant accompagner une femme à un accouchement. Pour qu’un test de dépistage soit offert à une personne symptomatique de la communauté, l’autorisation du directeur de santé publique est nécessaire. 

« En fonction de l’évolution de la situation », ces priorités de dépistage « pourraient être appelées à être modifiées par les autorités de santé publique », ajoute Marie-Hélène Émond.