Romain Raynaldy AGENCE FRANCE-PRESSE

Le 26e Festival américain de Sundance débute jeudi à Park City avec une sélection de plus de 100 films et documentaires programmés sur dix jours, et une nouvelle équipe dirigeante décidée à renouer avec l'esprit frondeur de la «Mecque» du cinéma indépendant.

Le festival, fondé par l'acteur Robert Redford pour faire contrepoids aux studios hollywoodiens en offrant une vitrine à la production indépendante, est devenu au fil des ans le plus gros festival et marché du film aux États-Unis, l'endroit privilégié où... Hollywood vient chasser les nouveaux talents.

«Il y a beaucoup de pression venant de l'extérieur pour prendre en considération l'aspect commercial d'un film au moment de faire la sélection», déclare à l'AFP John Cooper, qui a pris cette année la direction du festival. «Il est de notre responsabilité de nous en tenir à notre mission et de programmer les meilleurs films que l'on puisse trouver».

«Nous pensons que ce qui est bon est commercial», dit-il. «Pour moi, si vous programmez de bons films, l'industrie finira par s'y retrouver», ajoute-t-il.

«Je crois qu'il y a une envie de films différents, plus personnels que ce que fait Hollywood», estime-t-il.

La programmation de cette 26e édition, très féminine, avec 51 réalisatrices, mélangera une sélection de documentaires et de films de fiction américains et internationaux choisis parmi plus de 3700 candidatures. Plus de 40 000 visiteurs sont attendus, du 21 au 31 janvier.

Parmi les documentaires qui devraient attirer l'attention, on retiendra Bhutto (Jessica Hernandez et Johnny O'Hara), qui revient sur le destin de l'ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, ainsi que I'm Pat Tillman (Amir Bar-Lev), The Oath (Laura Poitras) et Restrepo (Sebastian Junger et Tim Hetherington) qui abordent le terrorisme et le conflit en Afghanistan.

Le guerre entre la Géorgie et la Russie en 2008 sera aussi au programme avec Russian Lessons (Olga Konskaïa et Andreï Nekrassov), tandis que dans Sins of my Father (Nicolas Entel), le fils de l'ancien narcotrafiquant colombien Pablo Escobar retournera sur les traces de son père, abattu par la police en 1993.

Côté fiction, le festival présentera notamment les films des acteurs américains Mark Ruffalo (Sympathy for Delicious) et Philip Seymour Hoffman (Jack Goes Boating) et mexicain Diego Luna (Abel).

Les derniers films de Michael Winterbottom (The Killer Inside Me), Joel Schumacher (Twelve) seront également projetés.

Plus de trente pays seront représentés à Sundance, parmi lesquels l'Estonie ou le Groenland, avec des films qui prennent des «risques cinématographiques», affirme John Cooper. «Dans certains pays, cela peut même être le genre de films qui ne reçoivent aucun soutien de leur propre gouvernement», dit-il.

Les Français seront cette année absents de la compétition. Seuls Soudain le vide de Gaspard Noé et Un prophète de Jacques Audiard - boudé dimanche par les Golden Globes - seront présentés hors compétition.

Toujours dans l'optique d'apporter au festival du sang frais - 23 films de la compétition sont des premières oeuvres -, Sundance a également créé cette année une nouvelle section, «Next», dévolue aux films à tout petit budget.

La section New Frontier sera consacrée au cinéma expérimental, avec des films à la lisière du cinéma et de l'art contemporain, à l'instar de Pepperminta, réalisé par la vidéaste suisse Pipilotti Rist.

Enfin, Sundance restera fidèle à sa séance de minuit, réservée aux films d'horreur et aux séries B, où avaient notamment été révélés The Blair Witch Project et la série d'épouvante Saw.