Chantal Guy LA PRESSE

Malgré le temps paradisiaque et la fête des Pères, ils étaient des centaines à avoir choisi de passer l'après-midi au Théâtre Maisonneuve pour voir le dernier film d'Émile Gaudreault, Le sens de l'humour, qui était présenté deux fois plutôt qu'une en ce jour de première, à 13h et à 16h. Pour l'occasion, on avait loué des autocars afin de transporter les spectateurs des quatre coins du Québec et déroulé le tapis rouge pour les médias.

Les fans retrouvaient ainsi le duo comique formé de Michel Côté et Louis-José Houde qui a fait le succès du film De père en flic en 2009. Mais on doit plutôt parler de trio cette fois, puisque Benoît Brière est de la partie et qu'il est loin d'être la troisième roue du carrosse. En fait, dans ce film, Benoît Brière forme avec Louis-José Houde un duo d'humoristes ratés, tandis que Michel Côté incarne un spectateur plutôt psychopathe qui n'a pas apprécié être la tête de Turc le temps d'un spectacle...

Émile Gaudreault répétera-t-il sa réussite? À en juger par les nombreux rires dans la salle, les chances sont bonnes, même si le film use beaucoup plus de l'humour noir que De père en flic. Mais Émile Gaudreault ne s'en fait pas trop avec la pression du succès. Avec ses films qui reçoivent les Bobines d'or - pensons à Crusing Bar, C.R.A.Z.Y. ou Piché: Entre ciel et terre et, prochainement, le film Omertà -, Michel Côté pourrait être rebaptisé monsieur Box-Office PQ. Pourtant, il ne s'habitue toujours pas au succès. «Au début de ma carrière, je me disais que c'était normal d'être nerveux, mais je dirais que c'est pire en vieillissant, avoue-t-il. Ça fait 10 ans que ça roule bien pour moi, j'ai peur que l'élastique me pète dans la face! C'est peut-être parce que je suis fier, peut-être parce que je suis orgueilleux... Mais les attentes sont toujours plus élevées, et, à mon avis, chaque projet est un risque.»

Des humoristes enlevés

Michel Côté incarne Roger, un pauvre gars coincé qui entretient une relation atroce avec son père, et disons que ça ne tourne par rond dans sa tête. N'ayant pas aimé être la cible de nos deux humoristes en tournée, il décide de les kidnapper et, plutôt que de les tuer, il choisit d'apprendre les trucs du métier pour réussir à se faire aimer des autres - en particulier Stéphanie (Anne Dorval). Un défi de taille, puisque Roger n'a vraiment aucun sens de l'humour. «L'humour est un signe d'intelligence, croit Michel Côté. On peut avoir un doctorat et être un parfait crétin sur ce plan-là.»

Il est plutôt ironique de voir Louis-José Houde, l'un des humoristes les plus talentueux et aimés du Québec, jouer un mauvais comique dont les blagues tombent à plat. «J'avoue que ça me fait mal quand je me regarde à l'écran, dit celui qui est plutôt habitué à susciter l'hilarité. Heureusement, les extraits de spectacle dans le film sont courts!» Dans l'histoire, c'est plutôt Benoît Brière qui «connecte» avec le public. «Benoît est une découverte, c'est une bombe!»

Il faut dire que Louis-José Houde et Benoît Brière passent les trois quarts du film séquestrés dans une grange, attachés l'un à l'autre. «Moi qui joue présentement dans La cage aux folles au théâtre, je peux vous dire qu'être attaché à Louis-José Houde, je le referais n'importe quand» a lancé Benoît Brière devant la foule au Théâtre Maisonneuve.

Le sens de l'humour d'Émile Gaudreault, produit par Denise Robert et Daniel Louis, prend l'affiche le 6 juillet. Outre Michel Côté, Benoît Brière et Louis-José Houde, la distribution compte Anne Dorval, Sonia Vachon, Éveline Gélinas, Pierrette Robitaille, Luc Senay, Alexandre Goyette et Pierre Collin.