AGENCE FRANCE-PRESSE

La 12e édition des Prix internationaux du cinéma indien, les Oscars de Bollywood, commence jeudi à Toronto au Canada, reflet de la politique de l’industrie indienne du film qui cherche à conquérir l’étranger, alors qu’elle faiblit ces dernières années sur son marché national.


Lancés en 2000 au Dôme du millénaire à Londres, les prix de l’Académie internationale du Film Indien (IIFA) ont été distribués depuis dans plusieurs villes autour du monde, dont Amsterdam et Johannesburg, mais c’est la première fois que la cérémonie se déroule en Amérique du nord.


Les recettes de l’industrie du cinéma en Inde ont baissé de près de 20% en trois ans, passant de 2,3 milliards de dollars en 2008 à 1,85 milliard en 2010, selon la société de conseil KPMG, et les audiences à l’étranger ont pris plus d’importance.


Il y a quelques années, les studios indiens étaient pratiquement assurés de gagner de l’argent sur toutes leurs productions, le cinéma étant l’un des divertissements les plus populaires et les audiences manifestant un grand attachement à leurs vedettes.


Mais la baisse de la qualité des films, la hausse des coûts, la crise économique et l’apparition d’autres loisirs ont frappé durement le cinéma indien, qui a donc cherché à se faire connaître davantage à l’étranger.


Une des grandes stars de Bollywood, Aamir Khan, venu à Toronto l’année dernière pour la première internationale de Dhobi Ghat, a toutefois estimé qu’un succès à l’étranger avait un effet plutôt négatif en Inde. Un prix à Toronto ou une Palme d’Or à Cannes est «un moyen sûr de dire aux cinéphiles indiens de ne pas aller voir» le film primé, a-t-il dit.


La cérémonie de Toronto s’ouvre avec Chillar Party une comédie qui marque le début de la carrière de producteur de l’acteur Salman Khan.


Mais c’est un film policier Once Upon a Time in Mumbai avec Ajay Devgan, qui est en tête des nominations, étant présent dans 12 catégories, dont celle du meilleur rôle masculin.