Le nouvel opus de Wes Anderson a enfin été dévoilé en primeur mondiale lors d’une projection officielle où l’on ne comptait plus les vedettes. The French Dispatch est aussi extraordinaire sur le plan du style qu’un peu vain au chapitre du récit. Nous avons par ailleurs croisé Pascal Plante, cinéaste québécois officiellement sélectionné grâce à Nadia, Butterfly, qui aurait dû être présenté à Cannes l’an dernier.

Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Timothée Chalamet a été accueilli en rock star. Nombre de chasseurs de vedettes se sont pointés aux abords du Palais des festivals pour lui, principalement. Cela dit, la montée des marches précédant la présentation de The French Dispatch en projection de gala a réuni au mètre carré beaucoup des très nombreuses vedettes du nouveau long métrage de Wes Anderson. « Travailler avec Wes est comme un rêve », a déclaré l’acteur sur le tapis rouge devant la caméra de Canal+. « Il est l’un des plus grands réalisateurs américains contemporains et de l’histoire du cinéma. Ce fut un grand honneur. »

PHOTO VIANNEY LE CAER, VIANNEY LE CAER/INVISION/ASSOCIATED PRESS

Timothée Chalamet et Bill Murray s’amusent sur le tapis rouge.

Dire de The French Dispatch qu’il était attendu relève de l’euphémisme. Chaque nouvelle offrande du réalisateur de Moonrise Kingdom suscite déjà une grande fébrilité, mais dans ce cas-ci, le cinéaste américain a même décidé de carrément retarder la sortie de son film, sélectionné l’an dernier, de plus d’un an afin d’être bien certain de pouvoir le lancer sur la Croisette.

Un film foisonnant. Trop.

Tournée à Angoulême, cette chronique déjantée traduit le regard que Wes Anderson pose sur la France des années 1950 à 1970. Outre Timothée Chalamet, le 10e long métrage du réalisateur de The Grand Budapest Hotel met en vedette Bill Murray, acteur fétiche du cinéaste, ainsi qu’une imposante distribution de laquelle font notamment partie Benicio Del Toro, Adrien Brody, Tilda Swinton, Léa Seydoux, Owen Wilson, Elisabeth Moss, Denis Ménochet et une galaxie d’autres étoiles du même calibre.

Le récit est constitué d’une succession d’histoires tirées du tout dernier numéro de The French Dispatch, magazine américain délocalisé dans la petite ville française d’Ennui-sur-Blasé, publication dont on dit fièrement qu’elle propose une « analyse hebdomadaire de la politique internationale, des arts (beaux ou non), et autres faits divers et variés ».

The French Dispatch fait manifestement partie de ces films trop foisonnants, dont le style vient écraser tout le reste. Chaque plan que propose Wes Anderson est extraordinairement bien conçu, étudié, et pourrait être encadré.

En revanche, le récit est parfois confus, et le piège dans lequel tombent souvent les œuvres mettant en scène trop de personnages — surtout quand ils sont tous incarnés par des vedettes — n’a pu être évité.

Si Bill Murray, Frances McDormand, Tilda Swinton et Timothée Chalamet ont de vrais rôles à défendre, on ne peut malheureusement en dire autant des autres.

La sortie de The French Dispatch est prévue le 22 octobre en Amérique du Nord. Nous aurons l’occasion de le revoir. Et d’en reparler.

Pascal Plante, un an plus tard

L’an dernier, Nadia, Butterfly, de Pascal Plante, a été retenu dans la sélection officielle d’un festival qui n’a finalement pas eu lieu. À cause de la pandémie, le cinéaste québécois n’a pu vivre l’expérience cannoise directement, même s’il s’est réjoui du fait que son long métrage porterait pour toujours le sceau officiel du festival.

Son délégué général, Thierry Frémaux, a cependant invité les cinéastes sélectionnés l’an dernier à venir séjourner quelques jours sur la Croisette. Étant déjà en France depuis un moment, en marge de la présentation de son film dans quelques festivals et d’une sortie dans les salles de l’Hexagone le 4 août, Pascal Plante est actuellement à Cannes. Quelques évènements figurent à son programme, notamment ce mardi.

« Ce mardi est la journée où nous sommes un peu mis à l’honneur », explique le cinéaste lors d’une entrevue accordée à La Presse.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Un an après la sélection de Nadia, Butterfly au Festival de Cannes de 2020, le réalisateur Pascal Plante séjourne sur la Croisette à l’invitation des organisateurs du festival.

Nous sommes d’abord invités à un déjeuner au Palais avec Thierry Frémaux et les organisateurs, et nous aurons aussi droit à une montée des marches officielle au Grand Théâtre Lumière.

Pascal Plante, réalisateur

« Si je comprends bien, nous aurons droit à une présentation, mais on nous donnera sans doute plus de détails à ce propos lors du déjeuner. J’ai acheté un smoking ! »

Les hasards de la vie font que cette présentation aura lieu pendant la montée des marches précédant la projection d’Aline, de Valérie Lemercier, seul long métrage de la sélection cannoise 2021 — il est présenté hors compétition — dans lequel on compte une participation québécoise. Inspiré de la vie de Céline Dion, Aline met en valeur une distribution essentiellement québécoise — Danielle Fichaud, Sylvain Marcel, Roc Lafortune — réunie autour de la réalisatrice, qui campe elle-même la diva de Charlemagne.

« J’ai trouvé ça drôle comme coïncidence ! dit Pascal Plante. Pour la productrice Dominique Dussault et moi, ce sera notre première grande expérience à Cannes. Nous étions déjà venus dans le cadre de Talent tout court, une sélection de courts métrages que Téléfilm Canada présente au Marché du film, ce qui est très cool parce que ça nous a permis de prendre un peu le pouls, sans pression. Mais il est certain que, revenir ici par la porte d’en avant, c’est un peu autre chose. »