La présence des femmes a fortement augmenté dans pratiquement tous les volets de films financés par Téléfilm Canada. Mais c’est dans le secteur clé des films à gros budget, soit de 2,5 millions de dollars et plus, que le progrès est le plus notable.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Au cours de l’année financière 2019-2020, le nombre de projets financés dont la réalisation est signée par une femme a atteint 41 %, comparativement à 26 % en 2018-2019 et à 29 % en 2017-2018.

Les chiffres sont à peu près identiques quant au pourcentage de l’enveloppe réservée aux films de 2,5 millions de dollars et plus. Chez les femmes, ce pourcentage a été de 42 % en 2019-2020 contre 24 et 19 % les deux années financières précédentes.

Si l’on prend les chiffres dans l’ensemble des programmes — les budgets de plus de 2,5 millions, les budgets de moins de 2,5 millions, les documentaires et Talents en vue (pour la relève) —, la part du financement accordé aux projets réalisés par des femmes est de 42 %, contre 29 % l’année précédente.

À 40 % et plus, on considère que la parité a été atteinte. Les chiffres de Téléfilm sont aussi décortiqués selon les postes clés : réalisation, scénarisation et production. Très rares sont les secteurs où les femmes ont reculé en 2019-2020.

Ces dernières années, nous avons été témoins de l’énorme influence que nos partenaires, nos clients et nous-mêmes pouvons avoir sur le portrait de l’industrie cinématographique canadienne.

Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm Canada

Cette déclaration renvoie au fait qu’en 2016, Téléfilm Canada et l’industrie s’étaient donné pour mission d’avoir plus de diversité et de parité hommes-femmes dans le financement des films. À cette époque, Carolle Brabant dirigeait encore l’organisme et avait lancé ce chantier.

Assez rapidement, la parité a été atteinte dans tous les secteurs clés, sauf les films à gros budget. Cela semble maintenant chose faite.

Jointe par La Presse, la directrice générale de l’Association québécoise de production médiatique a déclaré : « Je constate avec satisfaction la place occupée par les femmes dans les postes clés de productrices, de scénaristes et de réalisatrices. Les récentes nominations au Gala Québec Cinéma pour le prix Iris du meilleur film témoignent d’ailleurs du talent des femmes alors que six des films en nomination avaient été réalisés par elles. Ce qui me fait particulièrement plaisir, c’est que la parité s’exprime non seulement quant au nombre de films soutenus, mais également quant à la hauteur des budgets octroyés aux femmes. Une belle avancée ! »

Vice-présidente du conseil d’administration de l’organisme Réalisatrices équitables, Katherine Jerkovic salue aussi cette progression. « On peut dire que la parité est atteinte cette année », se réjouit-elle. Mais elle souligne que la forte présence des femmes dans les secteurs du documentaire et de Talents en vue fait augmenter la moyenne générale. « On doit donc s’assurer d’intervenir tout au long de la chaîne [de création] pour s’assurer que les femmes continuent à avoir accès aux films à gros budget. »

Elle indique aussi que les mesures de parité adoptées en 2016 doivent se poursuivre.

« Les mesures doivent rester en place quelques années pour assurer que ce changement de culture devienne naturel. Je crois que cela prendra des années pour contrebalancer des décennies de patriarcat. »

COVID-19

Par ailleurs, dans les commentaires liés au rapport, Christa Dickenson indique que l’actuelle pandémie de coronavirus « met en lumière la fragilité des résultats ». Téléfilm entend donc mettre les efforts pour s’assurer que les communautés dites sous-représentées (personnes racisées, d’une minorité visible, handicapées, LGBTQ2+) ne soient pas oubliées.

Une augmentation de 15 % du budget réservé au financement des projets issus de ces communautés a donc été récemment accordée.