Si les choses tournent mal pour Michael Moore après la sortie de son prochain documentaire politique, le provocateur progressiste a un plan pour échapper à une éventuelle persécution aux États-Unis : il déménagera au Canada.

Adina Bresge LA PRESSE CANADIENNE

Les déclarations de ce genre sont courantes chez les progressistes américains. Mais, Michael Moore assure qu'il est sérieux au sujet de son plan de quitter les États-Unis, et pas seulement en raison de son affinité de longue date pour le Canada.

Pour Michael Moore, la perspective de devenir un réfugié politique semble tout à fait plausible sous la présidence de Donald Trump, qu'il décrit comme une menace géopolitique dans Fahrenheit 11/9, qui sortira en salles vendredi.

Selon le cinéaste, rencontré plus tôt ce mois-ci au Festival international du film de Toronto, Donald Trump « déteste absolument la démocratie ».

Il dit espérer que les États-Unis survivront, mais qu'il ne peut le garantir, puisque les Américains sont, croit-il, « au bord du précipice ».

Suite spirituelle du documentaire Fahrenheit 9/11 paru en 2004, Fahrenheit 11/9 est en partie une autopsie politique, en partie un appel à l'action. Il offre l'interprétation que fait Michael Moore des forces qui ont mené à l'élection de Donald Trump en 2016 et fait des projections sinistres quant à la direction que pourrait prendre sa présidence.

Ce faisant, Michael Moore passe en revue des questions allant de la fusillade de février, qui a tué 17 personnes dans une école à Parkland, en Floride, à la crise de l'eau dans sa ville natale de Flint, au Michigan.

De l'opinion du cinéaste, il y a beaucoup de gens à blâmer pour l'état actuel des choses. Il soutient que les leaders politiques des deux principaux partis américains, une presse sensationnaliste et des personnalités - y compris lui-même - ont contribué à la montée en puissance de Donald Trump, qui pourrait éventuellement conduire à la chute des États-Unis.

Des parallèles avec Hitler

Dans une séquence qui suscitera sans doute la controverse, Michael Moore établit des parallèles explicites entre la trajectoire politique de Donald Trump et l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler au début des années 1930, superposant à un certain moment un clip audio de Donald Trump et des images d'archives d'un rassemblement nazi.

Michael Moore estime que les dangers du climat politique actuel rendent nécessaire l'utilisation d'un ton aussi alarmiste.

« C'est un film qui soulève le masque de [Donald Trump] et qui révèle ce qu'il est vraiment en train de faire, ce qui se passe vraiment ici et que vous ne voyez peut-être pas, parce que, souvent, on ne le voit pas avant qu'il ne soit trop tard », soutient le cinéaste.

« J'espère que nous sommes dans [...] ce moment avant qu'il ne soit trop tard et que nous ne puissions récupérer ce que nous avons déjà eu. »

S'il est véritablement trop tard, Michael Moore affirme qu'il cherchera l'asile au nord. Parmi ses références en matière de citoyenneté, le réalisateur se vante des origines ontariennes de son grand-père, ainsi que de son dévouement envers le BlackBerry canadien.

Il craint cependant que l'influence de Donald Trump, dans une mesure moindre, se soit infiltrée au-delà de la frontière. Il a exprimé sa déception à propos de l'élection en juin du premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, dont le populisme fougueux qui défend le « gars ordinaire » et se rebelle contre les soi-disant élites a attiré des comparaisons avec Donald Trump.

« De toute évidence, tout le monde peut se faire avoir, même les Canadiens, a déclaré Michael Moore. Mais, bon, Doug Ford a encore beaucoup de chemin à faire avant d'être l'équivalent de Donald Trump. »