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Inch'Allah

Inch'Allah

Inch'Allah

Résumé

Obstétricienne dans une clinique en territoire palestinien, la Québécoise Chloé rentre le soir à son appartement en Israël, où plane constamment la menace d'attentats-suicides. Tout en fraternisant avec Ava, une jeune voisine qui fait son service militaire au poste de contrôle qu'elle traverse chaque jour, Chloé développe un lien d'amitié avec Rand, une patiente sur le point d'accoucher. C'est ainsi que l'obstétricienne fait la connaissance de la mère de Rand, mais aussi celle de son petit frère autiste et de son aîné, impliqué dans la résistance contre l'occupant israélien. Au lendemain d'une série de tirs sur une colonie juive, un char d'assaut, envoyé en patrouille de l'autre côté du mur de sécurité, écrase accidentellement un petit Palestinien frondeur que Chloé avait pris en affection. Fortement ébranlée par cette mort, ainsi que par d'autres événements tout aussi dramatiques, la jeune Québécoise a de plus en plus de difficultés à respecter son devoir de neutralité.

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Légende

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DÉTAILS

Date de sortie : 2012-09-28

Classement : Général

Pays : Canada

Distributeur : Les Films Séville

Date de sortie en DVD : 2013-03-05

Genre : Drame

Durée : 101 min.

Année : 2012

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Anaïs Barbeau-Lavalette

Montage : Sophie Leblond

Scénario : Anaïs Barbeau-Lavalette

Production : Luc Déry,Kim McCraw

Photographie : Philippe Lavalette

Musique : Levon Minassian

ACTEURS

Évelyne BrochuSivan LevyMarie-Thérèse FortinCarlo BrandtSabrina OuazaniHammoudeh AlkarmiYousef SweidZorah Benali

Notice: Lock - mediaid16b2edc7da8945a8a71d678b94cf2bee, Date Expiry - 1540281027
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Critique

Inch'Allah : habité par la vérité

Marc 
Marc Cassivi

Cinq ans après Le ring, très beau film sur des jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve, et un détour par le documentaire, le court métrage, le roman et le récit, la cinéaste québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette signe son deuxième long métrage de fiction.

Inch'Allah est une oeuvre bouleversante, lumineuse, d'un réalisme cru.

Un film fin autour d'un personnage fort, Chloé, jeune obstétricienne québécoise (Evelyne Brochu, excellente), alter ego de la cinéaste, engloutie dans le tourbillon schizophrénique du quotidien israélo-palestinien. Elle habite dans le confort relatif de Jérusalem-Ouest et travaille dans la clinique d'un camp de réfugiés palestiniens à Ramallah, dans les territoires occupés, à peine à 15 km au nord.

Quinze kilomètres comme une autre planète, à laquelle on accède par un checkpoint, en franchissant un mur de sécurité. Au coeur d'un conflit historique, dans lequel nous plonge Anaïs Barbeau-Lavalette comme si on y était, aux premières loges, en compagnie de son héroïne. Avec une grande sensibilité et un regard qui n'est ni manichéen ni complaisant.

Dans les décors reconstitués en Jordanie d'un checkpoint et d'une décharge près du mur de séparation à Jérusalem (formidable travail de direction artistique d'André-Line Beauparlant), Anaïs Barbeau-Lavalette a réussi à traduire une vérité qui l'habite, elle qui a souvent séjourné en Israël et en Palestine.

Inch'Allah, inspiré par des histoires vécues, des personnes réelles et les propres expériences d'Anaïs Barbeau-Lavalette, est un film dur et prenant, tissé de fine soie. Dans les gestes, les regards, les gros plans, les dialogues. Dans la présence discrète et poétique d'un enfant, Safi, symbole d'une paix encore possible.

Regard féminin

Le portrait que brosse Anaïs Barbeau-Lavalette du conflit évite toute forme d'angélisme ou de manichéisme. C'est un regard féminin, autour d'un personnage féminin, entouré essentiellement de femmes, magnifiquement photographiées par Philippe Lavalette, père de la cinéaste, dont la caméra est au plus près des personnages.

Chloé se lie d'amitié avec Ava (Sivan Lewy), soldate israélienne qui est sa voisine de palier à Jérusalem, et avec Rand (Sabrina Ouazani), une de ses jeunes patientes palestiniennes, qui passe ses journées dans une décharge de l'autre côté du mur.

Ce regard féminin, cette présence féminine, a beaucoup à voir avec la douceur et l'espoir qui se dégagent d'Inch'Allah. Pourtant, le film commence par un attentat à la bombe, dans un café. Et la bombe humaine est une femme.

On en apprendra davantage sur les circonstances de l'attentat. Trop, peut-être. Dans un dernier acte à mon sens précipité, le rythme du film s'emballe soudainement, laissant le spectateur seul à recoller les morceaux du puzzle et à se questionner sur la psychologie des personnages.

Petit bémol pour un très beau film, habité par la vérité.

* * * 1/2
Inch'Allah. Drame d'Anaïs Barbeau-Lavalette. Avec Evelyne Brochu, Sabrina Ouazani. 1h41.

Inch'Allah: à la grâce de Dieu

Normand 
Normand Provencher

Anaïs Barbeau-Lavalette connaît bien la région israélo-palestinienne pour y avoir séjourné à plusieurs reprises. Il n'est donc pas étonnant que sa fascination pour ce coin du monde soit au coeur de son second long-métrage, Inch'Allah. Or, aussi ancré soit-il dans l'actualité, le regard qu'elle pose sur son sujet et ses personnages s'avère un peu trop détaché pour susciter l'adhésion du spectateur.

Évelyne Brochu offre une performance solide dans le rôle principal, celui de Chloé, une obstétricienne partie travailler dans un camp de réfugiés palestiniens. L'adaptation ne va pas de soi. Chaque jour, elle doit franchir le check point pour retourner à son appartement de Jérusalem. Son seul lien avec le Québec reste sa mère (Marie-Thérèse Fortin), avec qui elle s'entretient par Skype. Histoire de ne pas l'inquiéter, jamais elle ne lui dit mot de ses craintes.

La jeune travailleuse humanitaire en viendra à développer des amitiés des deux côtés du mur. Avec une patiente palestinienne, Rand (Sabrina Ouazani), qui vit dans des conditions précaires avec les membres de sa famille (dont son frère, un fervent défenseur de la cause palestinienne), également avec une voisine de palier (Sivan Levy), membre de l'armée israélienne.

Plongée dans un conflit qui hante le quotidien de tout un chacun, Chloé réalisera vite qu'il devient difficile, voire impossible, pour un étranger de ne pas prendre position, de cultiver des liens dans les deux camps. Cette guerre n'est pas la sienne et le ne sera jamais.

Souci du détail

Filmé à hauteur d'homme, dans un grand souci du détail et de véracité (reconstitution d'un mur en Cisjordanie), Inch'Allah n'offre pas la charge émotive d'Incendies, dont l'histoire se déroulait aussi au Moyen-Orient. Inévitablement, par son lieu géographique, Inch'Allah souffre des comparaisons avec le film de Denis Villeneuve.

La réalisatrice aborde son sujet sur la pointe des pieds. Les enjeux dramatiques demeurent trop longtemps en retrait, en première partie, entraînant une incapacité à trouver des prises émotionnelles. Et, du coup, une incapacité à compatir au drame qui se profile au détour. De la même façon, le personnage principal peine à imposer sa personnalité.

On aurait aimé être secoué par Inch'Allah; on est à peine remué. La faute à une approche trop sage, sans aspérité, qui laisse le spectateur plutôt étranger à ce qui se passe à l'écran.


**1/2
Inch'Allah. Genre : drame. Réalisateur : Anaïs Barbeau-Lavalette. Acteurs : Évelyne Brochu, Sabrina Ouazani, Sivan Levy, Yousef Sweid, Hammoudeh Alkarmi, Zorah Benali et Marie-Thérèse Fortin. Classement : général. Durée : 1h41.

On aime : le jeu solide d'Évelyne Brochu.

On n'aime pas : un récit qui tarde à décoller, des enjeux dramatiques qui viennent sur le tard, le manque d'émotion.

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Commentaires (5)

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  • Toujours intéressant pour moi de voir un film de ce genre puisque très difficile de comprendre ce conflit de l'intérieur. Evelyne Brochu est excellente et apprécie la démonstration de l'amitié avec ces gens et que malgré cela toujours une étrangère qui ne peut tout comprendre et sera renier au moindre désaccord. Film un peu long mais aussi pour comprendre montrer le quotidien explique bien la situation et l'horreur que vivent ces gens quotidiennement des 2 côtés du mur. Contente de l'avoir vu et toujours intéressée de voir les films de Madame Anaïs Barbeau Lavalette très impliquée socialement.

  • Le dernière partie du film est très émouvante. Je recommande fortement ce film.

  • un film trop réaliste pour un sujet qui ne le permet absolument pas...
    et puis a' vouloir trop humaniser son scénario Anaïs Barbeau-Lavalette ne présente au spectateur aune trame dramatique qui aurait pu faire basculer le film..(a' part la scène-choc de l’accouchement ..) le conflit israelo-palestinien est bcp plus que deux solitudes de part et d'autre d'un mur..
    Dommage...!

  • Décevant comme film. Rien de nouveau à ce qui a été vu 100 fois. Pourquoi un tel film si on a rien de nouveau à amener?

  • Film dur et réaliste. Ressentir la guerre en permanence. Évelyne Brochu criante de vérité. Musique du générique qui sied bien au sentiment qui nous habite. Tristesse, rage et impuissance.

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