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L' Âge des ténèbres

L' Âge des ténèbres

L' Âge des ténèbres

Résumé

Fonctionnaire désabusé au gouvernement du Québec, Jean-Marc, la quarantaine, soigne son blues en s'évadant dans des rêveries de gloire et des fantasmes sexuels auprès de beautés folles de lui. Et qui, par conséquent, sont à l'opposé des femmes de sa vie: son épouse Sylvie, agente immobilière survoltée dont le succès professionnel l'accable; sa patronne, détestable donneuse de leçons; sa mère mourante, muette et mal soignée; enfin, ses deux filles adolescentes, aux abonnés absents depuis l'invention du iPod. Sa vie prend un virage inattendu lorsque Sylvie le plaque pour un pdg torontois. Déjà solitaire, Jean-Marc se découvre, plus que jamais, seul. Son incursion dans le monde de la drague ne fera rien pour arranger les choses. Quoiqu'elle va peut-être lui indiquer que le chemin du bonheur n'est pas là où il croyait.

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DÉTAILS

Date de sortie : 2007-12-07

Classement : 13 ans +

Pays : Canada

Distributeur : Alliance Vivafilm

Date de sortie en DVD : 2008-07-01

Genre : Comédie dramatique

Durée : 110 min.

Année : 2007

Site officiel

GÉNÉRIQUE

Réalisation : Denys Arcand

Montage : Isabelle Dedieu

Production : Daniel Louis,Denise Robert

Photographie : Guy Dufaux

Musique : Philippe Miller

ACTEURS

Caroline NéronDiane KrugerDidier LucienEmma De CaunesMacha GrenonMarc LabrècheRosalie JulienRufus WainwrightSylvie Léonard

Critique

L'âge des ténèbres : L'idiot

Régis 
Régis Tremblay

L’âge des ténèbres n’a pas eu l’heur de plaire autant que Le déclin ou Les invasions, parce qu’il fait plus mal. Denys Arcand a beau multiplier les traits d’humour, son propos reste accablant.

 

Trop d’hommes peuvent se reconnaître dans ce type contradictoire et amorphe (Marc Labrèche) qui déteste tout ce qu’il a et qui désire tout ce qu’il n’a pas. Il honnit son travail, il déteste ses semblables, il est las de la superfemme qu’il a voulue telle (Sylvie Léonard), il a horreur de la grosse maison qu’il s’est payée, il trouve ses enfants monstrueux. Il ne rêve que de gloire chimérique et de conquêtes faciles : il se voit écrivain célèbre, premier ministre, grand acteur.

 

Ce stardom syndrome s’incarne dans une star imaginaire (Diane Kruger) d’une beauté irréelle. Tous les fantasmes de ce petit homme aboutissent au sexe, cette panacée moderne. Éternel indécis, lunatique congénital, être inaccompli, amoureux erratique, ce triste héros rappelle L’idiot de Dostoïevski. L’âge des ténèbres surpasse en lucidité les marivaudages du Déclin et les effets mélodramatiques des Invasions. Pas étonnant qu’il n’ait pas connu le même succès.

 

***

L’âge des ténèbres
Comédie de Denys Arcand

Avec Marc Labrèche, Sylvie Léonard et Diane Kruger

EXTRAS *** Deux disques, deux versions : la Québécoise étant plus longue de cinq minutes (1h48). Une longue et instructive «Leçon de scénarisation» offerte par Arcand et enregistrée aux Rendez-vous du cinéma, en février dernier.

 

L'âge de des ténèbres : sympa

Sonia 
Sonia Sarfati

Tout a été dit sur L'âge des ténèbres de Denys Arcand. Je ne m'attarderai pas sur le film, préférant insister sur la nouveauté: les suppléments que compte le DVD double lancé lundi (cette semaine, pas de sorties le jour-du-Canada-Day!).

Bon, on se fiche de la différence de cinq minutes entre les versions Québec et internationale, mais combien sont fascinants les documents Denys répond aux questions du public (30 min.) et la fameuse Leçon de scénario (1 h) présentée aux Rendez-vous du cinéma québécois où les journalistes ont été refusés.

Voir le réalisateur admettre que la scène médiévale est une erreur sur le plan dramaturgique, qu'il le savait et l'a voulu ainsi. L'entendre se contredire: L'âge des ténèbres est, ici, la suite de Stardom; ailleurs, la fin d'une trilogie. Entendre ses conseils (im)pertinents. Bref, découvrir un type sympa et abordable dans ce cynique-qui-nie-l'être.

***                                                                                                                                                  L'âge des ténèbres                                                                                                               Comédie satirique de Denys Arcand. Avec Marc Labrèche, Sylvie Léonard, Diane Kruger. (13 ans +)

L'âge des ténèbres : noir destin

Normand 
Normand Provencher

Il faut avoir passé l’année qui s’achève dans une galaxie loin de chez soi pour ne pas avoir entendu parler de L’âge des ténèbres. Rarement un film québécois aura-t-il fait autant jaser avant sa sortie. Parlez-en en mal, parlez-en en bien, mais parlez-en. C’est ce qui est arrivé avec le film de Denys Arcand.

Deux ou trois mots sur l’histoire à l’intention de ceux qui étaient absents pour cause de voyage intergalactique. Jean-Marc Leblanc (Marc Labrèche) est un petit fonctionnaire en faillite morale. Il se tape une heure et demie d’auto, de train et de métro pour entendre des gens encore plus mal foutus que lui.

À sa maison de banlieue cossue, sa femme workaholic (Sylvie Léonard) ne lui adresse presque jamais la parole, ses deux filles encore moins, trop occupées par leurs jeux vidéo. Sa pauvre mère dépérit à l’hôpital. Sa patronne lui tombe sur les nerfs. Autrement dit, comme au casino, rien ne va plus.

Pour pallier cette vie pathétique, Jean-Marc Leblanc s’échappe dans le rêve et le fantasme. Il devient tour à tour amant d’une somptueuse actrice (Diane Kruger), gagnant du prix Goncourt (pour un roman intitulé Un homme sans intérêt...), chef du Parti québécois, empereur romain, samouraï qui décapite son patron, et preux chevalier tentant de conquérir le cœur d’une gente dame (Macha Grenon).

L’âge des ténèbres est peut-être le film le plus personnel (et aussi le plus sombre) d’Arcand, il est également le moins réussi de sa trilogie amorcée avec Le déclin de l’empire américain et Les invasions barbares, par sa façon redondante, schématique et mécanique de présenter tous les maux de la société québécoise.

Surenchère

Fin observateur, Arcand passe à la moulinette notre époque en «désintégration», avec tout le cynisme qu’on lui connaît. Course folle contre la montre, embouteillages, obsession de la performance, marché de la séduction, bureaucratie galopante, rectitude politique, rien n’échappe à l’œil du vétéran cinéaste. Tout cela est bien beau, divertissant par moments même, sauf que le procédé finit par se noyer dans la surenchère.

La vie rêvée de Jean-Marc Leblanc n’est pas exempte de défauts non plus. La séquence de son passage sur le plateau français de Tout le monde en parle ne va nulle part. L’intermède moyen-âgeux, même raccourci de deux minutes par rapport à la version originale, demeure très laborieux. Le ton burlesque sonne faux. On se croirait presque dans un vaudeville.

Aux antipodes de ses personnages survoltés du petit écran, Marc Labrèche campe avec une sobriété étonnante son personnage de rond-de-cuir en faillite morale et spirituelle. Si on éprouve du mal à compatir à ses malheurs, ce n’est pas tant sa faute qu’à celle d’un scénario qui ratisse trop large dans sa volonté de cerner tous les maux de notre société, trop souvent anecdotique, et qui peine à insuffler une véritable émotion.

De toute évidence, et à en juger par toutes les réactions qui ont précédé sa sortie québécoise, le triomphe des Invasions barbares ne se répétera pas pour Arcand.

L’âge des ténèbres : à prendre ou à laisser

Marc-André 
Marc-André Lussier

Pourquoi le plus récent film de Denys Arcand attise-t-il autant les passions? Au-delà de l’imbroglio feuilletonesque qui a retardé sa sortie chez nous, il reste que le chef de file du cinéma québécois propose une vision de la société extrêmement désespérée. Et très peu aimable. 

L’âge des ténèbres arrive aussi à un moment où la fracture générationnelle semble s’élargir de jour en jour. D’où cette perception différente selon que l’on souscrive ou pas à la vision pessimiste que balance Arcand dans son film. Notamment à propos de la sclérose en apparence incurable d’une société coincée dans ses excès bureaucratiques. Et la rectitude politique qui en découle. Sur le plan plus intime, les rapports à l’amour et au sexe passent aussi à la moulinette d’un homme visiblement désillusionné. Arcand n’a-t-il pas déclaré (à la blague) à Cannes avoir voulu intituler «Mon époque» sa trilogie amorcée avec Le déclin de l’empire américain, et dont L’âge des ténèbres serait le dernier chapitre?

Arcand s’attarde ainsi à décrire les malheurs de Jean-Marc Leblanc (Marc Labrèche), un quadragénaire fonctionnaire qui gagne sa vie à la «Centrale administrative du Québec». L’homme abat sa besogne sur le terrain du Stade olympique de Montréal, là où siège désormais l’ensemble des services gouvernementaux. Toute la journée durant, dans les locaux de l’«Office de la protection du citoyen», Jean-Marc se résigne à écouter les doléances d’individus encore plus mal pris, qu’il ne peut jamais aider, dans un climat de travail pénible. Le modeste fonctionnaire doit par ailleurs aussi supporter la présence de différents intervenants qui ont le mandat de transmettre leur «expertise» aux employés.

La vie sentimentale et familiale de Jean-Marc est évidemment aussi un désastre. Sa femme (Sylvie Léonard) est complètement centrée sur elle-même et ne jure désormais plus que par son travail d’agent immobilier. Le père de famille n’intéresse plus ses deux filles adolescentes depuis longtemps non plus. Que lui reste-t-il alors ? Son imagination.

Ainsi, le film commence par une scène au cours de laquelle Jean-Marc intervient dans une chanson qu’interprète Rufus Wainwright, destinée à celle qui incarne ici l’idéal féminin (Diane Kruger). C’est à cette femme de rêve qu’il fera d’ailleurs appel dès que son imagination demande à décoller de la triste réalité sur le plan sentimental. Cela dit, les fantasmes de cet homme, enclin au désespoir, ne relèvent pas seulement de cet ordre. Jean-Marc se voit en effet dans le cercle très sélect des gens célèbres de ce monde, ceux qu’on invite à toutes les soirées et sur tous les plateaux. Il devient en outre irrésistible auprès de nombreuses jeunes femmes, dont une journaliste (Emma De Caunes) émoustillée du simple fait de sa notoriété. Cet accès au monde du fantasme lui permet aussi parfois d’assouvir ses pulsions vengeresses contre ceux qui lui gâchent la vie.

De multiples ramifications s’ajoutent au récit comme autant de petites bulles. Cette formule permet ainsi la participation de nombreuses vedettes. D’où un manque de cohésion. Le récit manque en effet d’unité. Aussi les scènes relevant de l’imagination ne sont pas d’égale valeur. Les gags non plus. Le côté burlesque de certains d’entre eux est franchement plus gênant qu’autre chose. Bien que réduite un peu par rapport à la version qui fut présentée à Cannes, la désormais célèbre scène médiévale est encore beaucoup trop longue.

Cela dit, le film marque ses plus beaux points quand il ancre ses assises dans la réalité, que celle-ci soit caractérisée par un humour désespéré (la vie au travail ou à la maison), ou par des accents plus tragiques. À cet égard, les scènes où Jean-Marc rend visite à sa mère malade (magnifique Françoise Graton) sont déchirantes. C’est d’ailleurs à ce moment que Marc Labrèche, appelé à défendre un personnage essentiellement passif, atteint des sommets. Quand l’histoire appelle le drame, l’acteur est profondément bouleversant.

La dernière partie du film, beaucoup plus sereine, apparaîtra d’ailleurs comme une belle respiration. La part onirique du récit – dont l’évocation n’est pas toujours habilement exécutée – semble ainsi nuire davantage au récit que l’enrichir.

Même s’il n’est pas du meilleur cru, L’âge des ténèbres s’inscrit parfaitement dans l’œuvre d’un cinéaste dont le regard est toujours aussi aiguisé. C’est à prendre ou à laisser.

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