«Les gens assez anxieux pour échouer aux tests de conduite, même s'ils sont les habiletés nécessaires pour être au volant, constituent une minorité significative», explique Steven Fairclough, professeur de psychologie à l'Université John Moores à Liverpool. «Ce ne sont pas des gens qui constituent un danger sur les routes. Il faut pouvoir mieux les aider.»

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault

«Les gens assez anxieux pour échouer aux tests de conduite, même s'ils sont les habiletés nécessaires pour être au volant, constituent une minorité significative», explique Steven Fairclough, professeur de psychologie à l'Université John Moores à Liverpool. «Ce ne sont pas des gens qui constituent un danger sur les routes. Il faut pouvoir mieux les aider.»

Au Québec, le taux de réussite au test de conduite pratique est de 59 % à la première tentative, selon la SAAQ. En Angleterre, il est de 43 %, selon M. Fairclough.

L'étude de M. Fairclough portait sur 13 cobayes, dont six ont réussi le test de conduite. Avant le test, les sept cancres avaient un niveau d'anxiété beaucoup plus élevé que les autres, tant au plan du rythme cardiaque (140 battements par minute au lieu de 120) que des résultats à un test d'anxiété. Cette différence n'apparaissait pas au repos ou durant un essai avec l'instructeur qui leur avait donné les cours.

«Dans les autres domaines d'enseignement, il arrive assez fréquemment que les sessions préparatoires à un test soient organisées de manière plus formelle et administrées par des inconnus, pour mieux refléter le stress du test, observe M. Fairclough. Les écoles de conduite sont très réticentes à cette démarche, et cela nuit à leurs élèves. D'ailleurs, notre étude a été reçue avec beaucoup d'hostilité tant par les écoles que par le ministère des Transports, qui semble vouloir éviter que les élèves se préparent adéquatement au test de conduite.»

L'anxiété générée par les tests de conduite est différente de celle que causent les autres personnes en situation d'autorité, par exemple les policiers ou les douaniers. «Quand une personne échoue à son test de conduite, il y a une humiliation sociale importante, dit M. Fairclough. Être capable de conduire est souvent considéré comme une preuve du passage à l'âge adulte. Il y a aussi, dans une voiture, une proximité très stressante avec la personne qui vous évalue. On entend parfois parler de personnes qui demandent à l'évaluateur de s'asseoir en arrière, pour être moins stressées.»

Le psychologue britannique veut maintenant vérifier si les personnes qui sont particulièrement stressées durant le test de conduite réagissent aussi moins bien dans des situations d'urgence, par exemple un enfant qui traverse en courant sans crier gare, ou dans des conditions routières difficiles, par exemple la brume. «Nous voulons vraiment identifier la portion de l'anxiété qui nuit inutilement aux apprentis automobilistes durant le test, et celle qui reflète des problèmes qui perdureront.»