En utilisant les calculettes financières des trois constructeurs et en calquant la durée de la garantie sur celle des mensualités (48 mois), la Lancer représente la meilleure affaire sur le plan budgétaire, mais de peu. Une dizaine de dollars tout au plus par rapport à une Civic, mais près de 25$ de moins par mois qu'une Sentra. En raison des fluctuations des taux d'intérêt et des différents programmes des constructeurs, le pointage attribué dans le cadre de ce match est sujet à changements.

Éric Lefrançois
Éric Lefrançois COLLABORATION SPéCIALE

En utilisant les calculettes financières des trois constructeurs et en calquant la durée de la garantie sur celle des mensualités (48 mois), la Lancer représente la meilleure affaire sur le plan budgétaire, mais de peu. Une dizaine de dollars tout au plus par rapport à une Civic, mais près de 25$ de moins par mois qu'une Sentra. En raison des fluctuations des taux d'intérêt et des différents programmes des constructeurs, le pointage attribué dans le cadre de ce match est sujet à changements.

Cela dit, la Civic creuse l'écart au chapitre de la consommation et des émissions polluantes. Surtout par rapport à la Lancer qui, au cours de ce match, consommait près de deux litres de plus aux 100 km. Un gouffre. À la décharge de Mitsubishi, il faut mentionner que le véhicule à l'essai se trouvait en pleine période de rodage.

Les qualités dynamiques et l'allure de la Lancer ont sans doute grandement contribué à en faire le coup de coeur de nos essayeurs, mais c'est la Civic qui remporte le match. Même si elle ne brille pas en tout, la Honda doit cette victoire à son homogénéité. La Lancer a sans doute causé une belle surprise, mais elle doit sa «défaite» essentiellement à sa qualité de fabrication inférieure et à sa trop forte consommation. La Sentra ne démérite pas mais elle manque de caractère et, surtout, elle souffre de la comparaison avec sa soeur cadette, la Versa. À ce sujet, nous vous invitons à consulter l'article de notre collègue Jean-François Guay dans nos pages.

Plus courte, plus étroite et plus basse que ses rivales, la Civic ne peut, malgré l'ingéniosité montrée parfois par ses concepteurs, enlever les honneurs au chapitre de l'habitabilité. Son seul point fort est d'offrir un meilleur dégagement sous le plafond à l'arrière. Dans tous les autres domaines, la Honda concède de précieux millimètres à ses concurrentes, surtout au niveau des hanches (à l'arrière). Tirant pleinement profit de la hauteur de son plafond (1511 mm), la Sentra parvient en modulant l'assise de la banquette arrière à masquer habilement le faible dégagement réservé aux jambes (898 mm, c'est-à-dire le plus faible des trois). Mais la force de la Nissan réside dans l'espace aux hanches et aux épaules; elle prend du coup un léger avantage sur la Lancer.

La Civic se venge au chapitre de la qualité intérieure et extérieure. La Honda présente en effet une finition plus soignée, une qualité d'assemblage supérieure et des matériaux plus agréables à l'oeil et au toucher. La Sentra parvient, par endroits, à faire jeu égal, mais c'est la piètre performance de la Lancer qui suscite le plus de réactions à cause de l'inégalité des interstices entre certains panneaux de carrosserie et la faible qualité de certains plastiques utilisés à l'intérieur.

Au chapitre du confort et de la position de conduite, on se mitonne aisément une position de conduite confortable à bord de la Civic, mais la profondeur du tableau de bord et l'épaisseur des piliers du pare-brise gâchent tout. On a la ferme impression d'être assis au beau milieu du véhicule et, conséquemment, de se sentir passager. Une impression partagée par l'ensemble des essayeurs mais qui, avouons-le, se dissipe au fil des kilomètres. En revanche, la visibilité vers l'avant demeure toujours problématique, surtout lors des manoeuvres de stationnement. Rien de tout cela à bord de la Mitsubishi ou de la Sentra. Cette dernière est sans doute celle qui vous met le plus rapidement en confiance (visibilité, proximité des commandes, etc.) et assurément la plus confortable des trois grâce à des sièges timidement galbés mais généreusement rembourrés.

D'un point de vue fonctionnel, la Civic offre des espaces de rangement plus fonctionnels que les deux autres, mais son coffre n'est pas modulable. En effet, contrairement à la Nissan ou à la Mitsubishi, il est impossible de fractionner le dossier de la banquette arrière de la Honda. Pour augmenter le volume du coffre, pas le choix: vous devez faire descendre vos passagers. Dommage pour la Civic, que cette lacune prive de quelques dixièmes de point supplémentaires.

Performances générales

Au terme du premier round, la Sentra termine devant, avec 32,3 points. Mais la belle homogénéité de la Nissan s'effrite durant l'évaluation routière. Son moteur n'a sans doute rien à envier aux deux autres sur le plan technique mais, considérant sa cylindrée, son rendement n'a rien pour susciter l'enthousiasme. Il a l'avantage de produire sa puissance et son couple à des régimes moins élevés, ce qui contribue assurément à sa discrétion. En revanche, au chapitre des accélérations et des reprises, la Sentra est à la traîne. Profitant notamment d'un rapport poids-puissance avantageux, la Civic passe devant la Lancer. En auraitil été autrement si la Mitsubishi avait eu une boîte automatique classique plutôt que celle à variation continue? Sans doute, puisque cette transmission, pas mauvaise au demeurant, nous est apparue, comment dire, collante Sous ce rapport, la CVT mise au point pour la Sentra nous a semblé un brin plus «légère», plus fluide.

Sur le plan de l'agrément de conduite et de la tenue de route, la Lancer a l'avantage. Sa direction est correctement assistée, plus que celle de la Civic, dont on ne sent pas les limites, surtout sur chaussée mouillée, ou celle de la Sentra, jugée un peu lente par nos essayeurs. La Mitsubishi propose en outre un châssis remarquable d'efficacité, en plus de se révéler la plus incisive au volant. Sous ce rapport, la Civic paraît plus empesée, moins mobile, moins joueuse. Quant à la Sentra, elle fait preuve d'une belle neutralité en toutes circonstances, privilégiant le bien-être des occupants par des éléments suspenseurs plus souples.

La tirelire

Même si la Lancer remporte le deuxième round, les performances du groupe motopropulseur de la Civic lui permettent de prendre la tête de notre classement provisoire avant d'aborder l'aspect pécuniaire de ce match.

Vie à bord

Au même titre que ses concurrentes, la Civic arrive à ce match dans sa livrée intermédiaire (DX-G). Elle est la moins chère (19 180$), mais pas la plus valorisante au chapitre des accessoires : la Lancer (ES) et la Sentra (S) proposent de série des essuie-glaces à balayage intermittent variable (deux vitesses seulement sur la Civic), des glaces électriques avec contrôle de descente rapide pour le conducteur et un régulateur de vitesse. La Lancer pousse un peu plus loin et glisse des éléments chauffants sous les baquets avant. À cet accessoire «confort», Nissan et Honda répliquent avec des appuie-tête actifs, plus sécuritaires.