Chez Pontiac, ce véhicule est le coupé-cabriolet Solstice, dont le dynamisme est inversement proportionnel à son utilité. La version GXP, animée par une étonnante cylindrée suralimentée, décuple cette opposition.

Alain McKenna COLLABORATION SPéCIALE

Chez Pontiac, ce véhicule est le coupé-cabriolet Solstice, dont le dynamisme est inversement proportionnel à son utilité. La version GXP, animée par une étonnante cylindrée suralimentée, décuple cette opposition.

Si les 173 chevaux de la version de base s'essoufflent rapidement, il en va tout autrement des 260 (!) de ce quatre-cylindres, un deux-litres à injection dirigée particulièrement sophistiqué. Car non seulement est-il honteusement plus énergique que son homologue à aspiration naturelle, il est aussi moins énergivore: sa cote de consommation est établie à 0,6 litre aux 100 kilomètres sous celle de l'Ecotec de base. Au volant, votre obligé a néanmoins obtenu une moyenne avoisinant les 12 l/100 km. Il faut dire que sa cote de 9,1 l/100 km est une théorie idéale, qui frise le non-sens pour un véhicule dont la seule fonction est de déplacer une ou deux personnes d'un point A à un point B.

Au volant, on se concentre presque intuitivement sur la conduite. Avec la toile rabattue, c'est la seule chose à faire: il n'y a plus de place de rangement (le coffre est entièrement occupé par le toit) et le niveau de décibels explose en vent et en bruits de moteur à tel point qu'on n'entend plus vraiment rien d'autre. Si, par un malencontreux hasard, votre passager est indisposé, vous risquez d'en apprendre le récit qu'une fois au point mort!

Des freins surclassés

Sous la carrosserie, le gain en puissance du moteur turbo est compensé par une suspension révisée afin d'absorber une plus forte pression. Cela signifie aussi qu'on remplace les deux barres stabilisatrices par des barres plus imposantes.

Il en résulte un roadster qui décolle rapidement, et dont l'accélération est franche. En désactivant le système électronique contrôlant la tenue de route, on constate néanmoins un peu de dérapage, un crissement qui est cependant bien récupéré par le différentiel arrière autoblocant installé d'office sur la version GXP.

Dans tous les cas, la suspension est si rigide qu'on pourrait parfois penser qu'il n'y en a tout simplement pas: au moindre cahot, la caisse rouspète très audiblement avec un bruit de tôle quelque peu déconcertant.

En virage, la voiture démontre une stabilité rassurante. La direction est amusante et agréable à manoeuvrer. La boîte manuelle va un peu à contre-courant, avec ses cinq rapports, mais la course prolongée des trois premiers rapports permet d'exploiter le couple plus longtemps. De toute façon, il est à son sommet sur une longue tranche de régime, alors aussi bien en profiter.

Les freins sont sans contredit le talon d'Achille de ce coupé-cabriolet. Les étriers mordent timidement dans les disques, un détail possiblement aggravé par la cinquantaine de kilos ajoutés à la GXP, allez savoir.

À son lancement, on a rapidement comparé le Solstice au MX-5, le légendaire (déjà!) coupé-cabriolet de Mazda, anciennement connu sous le nom de Miata. Grâce à son moteur turbo, le Solstice GXP prend le dessus en termes de puissance et de comportement sportif, mais il le fait au prix de sacrifier totalement toute forme d'utilité.

Le seul espace de rangement utilisable en permanence est ce minuscule coffre entre les deux sièges. Quand le toit est rabattu, le coffre du MX-5 peut encore servir, au moins et quand il est relevé, on peut entasser un sac de golf dans cet espace. Ce qu'on ne fera jamais avec un Solstice, puisque ce véhicule est résolument orienté sur un seul objectif: la conduite, et rien d'autre.