La réussite du constructeur japonais, désormais numéro deux aux États-Unis devant Ford, et en passe d'arracher la première place des ventes mondiales à General Motors, survient alors que le secteur connaît une mauvaise passe: Chrysler vient à son tour d'annoncer la suppression de plusieurs milliers d'emplois.

Mira Oberman

La réussite du constructeur japonais, désormais numéro deux aux États-Unis devant Ford, et en passe d'arracher la première place des ventes mondiales à General Motors, survient alors que le secteur connaît une mauvaise passe: Chrysler vient à son tour d'annoncer la suppression de plusieurs milliers d'emplois.

L'alignement d'une Toyota au départ de la course de stock-car du championnat Nascar, dimanche à Daytona, a déclenché les foudres de certains concurrents, le propriétaire d'une écurie locale, Jack Roush, allant jusqu'à lâcher: «Les Américains ne devraient pas acheter de voitures japonaises».

Detroit, capitale américaine de l'automobile, bruisse de campagnes aux accents patriotiques rappelant aux futurs acheteurs qu'il s'agit «de notre pays».

Le président de Toyota aux États-Unis, Jim Press, rejette ces accusations, dans un entretien à l'AFP.

«Nous sommes une entreprise américaine», déclare-t-il à l'AFP, soulignant que la plupart des véhicules commercialisés aux États-Unis par la marque japonaise contiennent davantage de composants américains que la plupart des modèles vendus par les «Trois Grands» américains.

«Si les Toyota sont des véhicules importés, alors les Chrysler aussi: c'est une marque détenue par un groupe allemand», a-t-il argumenté. Chrysler est une filiale du groupe DaimlerChrysler.

Toyota s'est appliqué à contrer une campagne de publicité dans la presse et à la télévision mettent en avant les 13 milliards de dollars d'investissements réalisés dans ses dix usines aux États-Unis et le fait qu'il emploie plus de 35 000 personnes dans le pays. Cette stratégie représente un virage pour une entreprise qui ne communiquait jusqu'alors que sur ses produits.

«Le problème c'est que les gens à Detroit sont en train de nous coller une étiquette et je suppose que nous essayons de dire simplement qui nous sommes», a expliqué M. Press.

«Nous sommes une entreprise modeste. Nous nous efforçons de concevoir de bons produits et d'offrir un bon service à nos clients», a-t-il ajouté.

«Nous ne sommes pas très doués pour la politique, les relations publiques et toutes ces choses», a-t-il affirmé, «mais cela nous rattrape, c'est pourquoi nous tâchons de communiquer un plus activement sur les faits».

Les études de marché du constructeur japonais concluent que très peu d'Américains ont un patriotisme qui va jusqu'au porte-monnaie.

Mais beaucoup d'acheteurs de pick-up, très populaires aux États-Unis, sont très fidèles aux marques américaines et il sera difficile pour le Japonais de les convaincre qu'il est capable de fournir la puissance qu'ils recherchent.

Les gros Tundra du constructeur japonais avaient déjà couru dans des courses de la Nascar pour ce type de véhicules, mais l'arrivée d'une berline Camry dans l'épreuve d'ouverture de la saison de Nascar à Daytona, la célèbre Daytona 500, a été considérée par certains comme la goutte qui a fait déborder le vase.

Un groupe de supporters, les «Fans contre les courses de Toyota (FART)», a lancé un site sur l'internet déplorant la trahison de leurs pilotes bien-aimés qui ont accepté de se mettre au volant d'une voiture de course «étrangère». Le mot «fart» signifie également flatulences en anglais.