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Marc Tison
Marc Tison

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DOSSIER :

Vendre son auto soi-même


>>> Le manuel du propriétaire

>>> Les voitures s'envolent mais les écrits restent

>>> Pour faire bonne figure

>>> Les taxes et la vente d'accommodement

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À croire qu'ils s'étaient parlé. «Bon, aussi bien vendre par moi-même» a-t-il lancé. «Ne faites pas ça, a rétorqué le vendeur. Ça ne vaut pas la peine. C'est un paquet d'ennuis. Vous risquez des poursuites. Vous ne savez jamais qui vient chez vous.» Bref, l'enfer de Dante dans sa version d'occasion Portrait réaliste ou scénario d'épouvante? Quand et comment doit-on vendre soi-même son véhicule?

Selon l'Office de la protection du consommateur, la moitié des personnes qui achètent des voitures d'occasion le font auprès d'un particulier. Corollaire: près de la moitié des voitures d'occasion sont vendues par des particuliers. Chez CAA-Québec, on reçoit chaque année 6000 demandes d'information à ce propos.

Ça ne semble donc pas un calvaire en douze stations

Quand vaut-il la peine de vendre soi-même sa voiture d'occasion? «Si tu demandes trop cher et que tu racontes des mensonges, ça peut être horrible», observe le consultant Richard Léger. Sinon, il estime que le jeu en vaut presque toujours la chandelle. Sa principale occupation consiste à dénicher des voitures d'occasion pour des particuliers, mais il arrive qu'un client lui demande plutôt de prendre en charge la vente de sa voiture. «Toutefois, je ne le propose pas à ma clientèle car il est facile de vendre une auto soi-même et ça ne vaut pas une commission», confie-t-il.

Les demandes proviennent parfois de femmes seules qui craignent d'accueillir chez elles des inconnus. «Je leur suggère d'abord de demander à un ami ou un voisin d'être présent pendant les rendez-vous.»

On peut comprendre leurs réticences. Il faudra évaluer correctement le prix, répondre aux demandes d'information, négocier judicieusement, et conclure la vente à la satisfaction des deux parties. En somme, il faut y consacrer du temps. Or ce temps dépendra de la justesse du prix et de la demande pour le véhicule.

Toutes les voitures ne disparaissent pas comme des petits pains chauds. Celles qui méritent le plus qu'on les vende par soi-même sont les japonaises populaires, âgées de six ou sept ans, en bon état, informe George Iny, président de l'Association pour la protection des automobilistes (APA). Les concessionnaires ne sont pas intéressés aux voitures de cet âge, et les refileront souvent à des grossistes. Il donne un exemple extrême: vous pourriez obtenir 7000 $ pour une Honda Civic pour laquelle un concessionnaire vous offrirait 4000 $.

Les véhicules spécialisés seront plus difficiles à vendre. Mais les sites de petites annonces sur l'internet regorgent de voitures de tous types et de tous prix, et si on dispose d'un peu de temps devant soi, sans doute vaut-il la peine de tenter sa chance.

Si le véhicule est grevé de plusieurs problèmes qui nécessitent attention - ce qui est souvent la première motivation pour la vendre, indique George Iny -, «les gens préféreront passer les défauts sous silence, la faire évaluer par un commerçant et la donner en échange».

Mais comme le rappelle le planificateur financier et comptable agréé Éric Brassard, auteur de l'ouvrage Finance au volant, si vous y consacrez 10 heures et vendez votre voiture 1000 $ de plus que ce que vous en offrait le concessionnaire, vos efforts sont rémunérés à un salaire de 100 $ / heure. Pas mal