L'hiver dernier, le coroner René Duval a recommandé au ministère des Transports de planter des arbres sur le bord de l'autoroute afin de stopper les vents. La même solution a été retenue après un accident sur la route 277 près de Lévis, en 2001, et les poudreries y sont moins sévères.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault

L'hiver dernier, le coroner René Duval a recommandé au ministère des Transports de planter des arbres sur le bord de l'autoroute afin de stopper les vents. La même solution a été retenue après un accident sur la route 277 près de Lévis, en 2001, et les poudreries y sont moins sévères.

Mais parfois, les vents sont trop forts, même s'il n'y a pas de poudrerie. Dans certains États des plaines du centre du continent, comme le Wyoming, des milliers de camions sont renversés chaque année par des bourrasques. Dans cet État, les autoroutes sont fermées une douzaine de fois chaque année à cause du vent, en moyenne pendant huit heures.

Pour tenter de limiter les dégâts - chaque fermeture coûte en moyenne 12 millions US à cause des retards dans les livraisons - une ingénieure civile de l'Université du Wyoming vient de proposer des manières d'identifier les camions les plus à risque (en général ceux qui circulent à vide) et les vents qui posent réellement problème.

«Environ 5% des accidents de camions au Wyoming sont causés par le vent», explique Rhonda Young, en entrevue téléphonique depuis Laramie. «Et je ne parle pas de poudrerie. Mes beaux-parents sont sortis de route l'hiver dernier avec leur caravane motorisée à cause d'une bourrasque.»

Au fil de ses analyses et de ses travaux en soufflerie, Mme Young a constaté que les rafales étaient beaucoup plus cruciales que la force du vent dominant. Elle a aussi vu que les stations météorologiques et la courbe des routes pourraient être améliorées. «Il faut mieux tenir compte de la direction du vent. Il est évident qu'un vent qui arrive avec un angle de 45 degrés est moins dangereux que celui qui arrive à angle droit. Et certaines portions de routes pourraient être réaménagées pour éliminer des pentes perpendiculaires à la direction du trafic.»

La fermeture sélective est aussi envisagée. «De plus en plus, les camions sont équipés de senseurs qui permettent de lire à distance les informations de base sur leur chargement. Il suffirait d'ajouter des paramètres comme le rapport entre la longueur et la hauteur, et le centre de gravité, pour pouvoir stopper seulement les camions qui ont un risque de renversement élevé. Les autres pourraient continuer.»

Au Québec, le vent n'est pas un problème assez grave pour qu'un programme de fermeture sélective soit mis sur pied. «Il n'y a que deux endroits où le vent est particulièrement dangereux, sur la 20 près du camping Sainte-Madeleine, et vers Beloeil», indique Jean Armand, porte-parole du ministère provincial des Transports.

«À Sainte-Madeleine, il y a des feux clignotants quand les vents dépassent 50km/h. Les gens ralentissent et c'est suffisant. Parfois les camions chargés se mettent à côté des camions à vide pour les protéger. Ça ne dure que deux ou trois kilomètres, quand l'autoroute traverse une cuvette. Nous n'avons jamais dû fermer une autoroute seulement à cause du vent, il y a toujours le facteur poudrerie. Les gens qui s'occupent du camionnage au Ministère ne se souviennent pas qu'un camion se soit renversé seulement à cause du vent.»